‹ VoltaireChapitre 16 sur 18 · LES HONNEURS QUE TE REND LA PATRIE · texte numérisé non relu

LES HONNEURS QUE TE REND LA PATRIE

La garde nationale et la foule passèrent la nuit sur la place; et, le lundi matin, commença la cérémonie. Le char était suivi de sa statue^ sculptée par Houdon et portée par de jeunes enfants. Les députés, les écoles, les Académies, les théâtres, les clubs, les tribunaux, des chœurs de musiciens et de jeunes filles ayant sur la tête des couronnes de roses et tenant des guirlandes , composaient le cortège. Venaient ensuite cavalerie, sapeurs, tambours, canonniers, garde nationale, forts de la Halle, puis des

députations venues des départements. Les ouvriers employés à la démolition de la Bastille portaient en trophées des chaînes, des boulets, des cuirasses, trouvés lors de la prise du vieux donjon royal. Des citoyens de Nancy et de Varennes (qui venaient de ramener le roi fugitif) portaient les portraits en relief de Voltaire, de Jean- Jacques Rousseau, de Mirabeau. D'autres entouraient un coffre d'or renfermant les soixante-dix volumes des œuvres de Voltaire, données par Beaumarchais (qui venait de s'en faire l'éditeur). La statue d'or de Voltaire était portée par des hommes habillés à l'antique. Le char, dessiné par David, terminait le cortège. Le haut de ce char était surmonté d'un lit funèbre, sur lequel on voyait le philosophe étendu, la Renommée lui posant une couronne sur la tête. Le sarcophage était orné de ces inscriptions :

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