‹ Voltaire FinancierChapitre 108 sur 108 · TS ST TUE CUP PPT IIS · texte numérisé non relu

TS ST TUE CUP PPT IIS

Cet exemple d’un écrivain qui a su s'élever dans l’ordre social à un rang tel qu'il fut traité avec les plus grands égards par les souverains eut sa répercussion sur l'attitude des autres écrivains ses contemporains. Ainsi d'Alembert,. tout en prêchant la pauvreté aux gens de letires écrivait dans son Essai sur les gens de lettres : « EF pourquoi un « homme de lettres n’aurait-il pas le même droit à l'opu- « lence que tant d'hommes inutiles ou nuisibles à la pa- « trie, dont le luxe scandaleux insulte à la misère publi- « que. » Vers 1780, Chamfort écrivait sur un ton d'impatience irritée : « J'ai toujours été choqué de la ridicule et « insolente opinion répandue presque partout, qu’un « homme de lettres qui a quatre ou cinq mille livres de « rente est au périnée de la fortune. qu'est-ce qu’un « homme de lettres... selon le fait établi dans le monde ?

« C’est un homme à qui on dit : tu vivras pauvre et « trop heureux de te voir cité quelquefois. » 1.

Les écrivains, par désir de réagir contre un préjugé qui leur paraissait offensant et par besoin de s'élever dans l’ordre social, furent amenés à se montrer moins désintéressés, et quelques-uns parvinrent à l’aisance et même à la richesse.

D'Olivet, mort en 1768, légua à son neveu, président à mortier au Parlement de Franche-Comté, 80 actions des fermes, 50.000 écus de terres, plus de 30.000 francs d’arrérages, 250 louis en argent comptant, 350 marcs de vaisselle d'argent, sans parler de ses meubles, qui avaient peu

1. M. Pellisson. Les Hommes de Lettres au XVIIIe siècle, p. 191.

de valeur, et d’une très belle bibliothèque. L'abbé Alary, au dire de Collé, jouissait de 35.000 livres de revenu, y compris ses bénéfices; .Moncrif, suivant le même, avait joui de 40.600 livres de rentes et laissa 15.000 ou 18.000 livres de rentes foncières à sa mort 1.

On voit donc que‘les écrivains qui voulaient réformer la société se sont conformés aux idées du temps et que par suite ils se sont arrangés de faéon à conquérir dans cette société une place supérieure à celle que leur avait assignée la fortune et leur influence n'en n'est devenue que plus considérable.

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