‹ Voltaire FinancierChapitre 2 sur 108 · tome · texte numérisé non relu

tome

C.-A. ISAINTE-BEUVE, — Causeries de Lundi. Paris 1858, tomes 2, LS

Jean-Jacques OLIVIER. — Voltaire et les comédiens interprètes de son théâtre. Paris 1900.

Georges BENGESCO. — Les comédiennes de Voltaire. Paris 1912.

H. JULLEMIER. — Voltaire Capitaliste. « Revue de Paris » 1905, tome III.

Daniel MULLER, — Les Rentes viagères de Voltaire. Paris 1920.

Lucien PEREY et Gaston MAUGRAS. — La vie intime de Voltaire aux Délices et à Ferney, 1754 à 1778. Paris 1885.

Pierre CALMETTES, — Choiseul et Voltaire. Paris 190.

Gaston MAUGRAS. — La duchesse de Choiseul et le Patriarche de Ferney. Paris 1889,

Henry TRONCHIN. — Le conseiller François Tronchin et ses amis Voltaire, Diderot, Grimm. Paris 18%.

Fernand CAUSSY. — Voltaire, seigneur de village. Paris 1912,

M. MIGNARD. — Voltaire et ses contemporains iBourguignons. « Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles- Lettres de Dijon », 1874.

Henri BEAUNE. — Voltaire et l'Administration du pays de Gex. « Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-4Lettres de Dijon », 1874.

D' Félix GERLIER. — Voltaire, Turgot et les Franchises du pays de Gex. Paris 1883.

Camille LECOQ. — Turgot au Panthéon. Un garant. « Le Carnet

Historique et Littéraire ». Revue mensuelle rétrospective et contemporaine. Paris 189 (janvier-juin).

Roger ICHARBONNAUD. — Thèse de droit de l'Université de Poitiers. Les idées économiques de Voltaire. Angoulême 1907.

Georges WEULERSSE. — Le mouvement physiocrälique en France de 1756 à 1770. Paris 1910, 2 volumes.

Alfred EsPINAS. — La troisième phase et la Dissolution du Mercantilisme (Mandeville, Law, Melon, Voltaire, Berkeley). Paris 190%.

André MoR1IZzE. — L’Apologie du Luxe au XVIIIe siècle. Le Mondain et ses Sources. Paris 1909.

H. THIRION. — La vie privée des Financiers au XVIII siècle. Paris 1895.

EF, VÉZINET. — Aulour de Voltaire. Paris 1925.

Eugène DEMOLE, — Voltaire, le Conseil de Genève et le graveur

G.-C. Waechter ‘en 1769 et 1770. Bruxelles 1915.

Lucien (CORPECHOT, — Voltaire à Ferney, d'après des Lettres inédites. « Le Correspondant » 1899 (avril-juin).

Fernand CAUSSY. — Voltaire à Ferney. Documents inédits. « La Revue » 1913 (septembre).

Fernand Caussy. — Voltaire et ses curés. x La Revue de Paris » 1909 (juillet-août).

Maurice PELLIssON, — Les hommes de Lettres au XVI siècle. Paris 1911.

TE

Se

CPE

ANCANTETROPOS

Ce qui étonne et frappe par-dessus tout le lecteur des œuvres de Voltaire, c’est l'extrême mobilité de ce génie. Les dons les plus divers se trouvent réunis chez lui à un degré éminent, mais la multiplicité de ses goûts ne nuit ni à leur intensité ni à leur durée. Cet homme prodigieux trouva le moyen d'occuper pendant cinquante ans l’attention de l'Europe entière.

Il nous semble que, quand un homme a exercé sur son siècle une pareille influence, rien de ce qui le touche ne saurait être indifférent, surtout quand il s’agit de le juger dans l’action.

Tout le monde connaît Voltaire, philosophe, historien, poète, mais il y a beaucoup de gens, même parmi les lettrés, qui ignorent que cet auteur de poèmes épiques et de tragédies fut aussi un homme éminemment pratique, un manieur d'argent, un gros capitaliste et à la fin de sa vie un fondateur d'usines, un créateur de colonies et de villes, ce qui ne l'empêcha pas de s'occuper de toutes les grandes questions qui passionnaient alors l'opinion publique.

Cette activité de Voltaire, financier, méritait d'être étudiée dans son ensemble, et elle le fut en 1854 dans le livre de L. Nicolardot.

Cet ouvrage est consciencieux, mais il est décrit avec un parti pris révoltant et, composé depuis plus de. soixantequinze ans, il n'a pu bénéficier de la plupart des recherches qui ont, dans l'intervalle, contribué sur une foule de points à nous faire mieux connaître Voltaire.

C'est ce fait qui nous a amené à penser et nous a permis d'espérer qu’une nouvelle étude sur ce sujet ne serait pas inutile.

Une. étude des finances de Voltaire présentait des difficultés considérables, dont nous n'avons réussi à surmonter qu’une faible partie. C'est une des causes de l’imperfection de notre travail.

Dès qu'il s’agit d'étudier Voltaire et ses œuvres, on reste indécis en présence des opinions opposées et la question se pose de savoir dans quelle mesure il convient de croire à l’impartialité des témoignages contemporains.

Ce qui à rendu notre tâche encore plus difficile, c'est le secret que d'ordinaire Voltaire exigeait et obtenait de ses hommes d’affaires. Ce fait réduit presque à rien la valeur des témoignages des contemporains.

Les lettres de Voltaire elles-mêmes ne peuvent être acceptées comme des témoignages indiscutables, car si parfois l’auteur par vanité, exagère ses recettes, d’autres fois, en revanche, il les sous-estime systématiquement pour montrer l'état délabré de sa fortune et engager ses débiteurs à payer au plus vite.

Toutes ces altérations déforment la réalité. Du reste souvent les faits les mieux établis ne doivent pas nous autoriser à porter des jugements sur les procédés par lesquels Voltaire a amassé sa fortune.

Au XVIII" siècle la conception de l'honnêteté commerciale était tout autre, et la plupart des opérations commerciales n'étaient que des spéculations que nous considérerions comme malhonnètes 1,

Dans cette étude nous nous sommes dispensé le plus possible des appréciations personnelles, considérant qu'une étude de ce genre est écrite plutôt pour des érudits qui demandent des faits bien établis et non des appréciations plus ou moins subjectives.

Nous nous permettrons pourtant de disculper Voltaire du reproche d'avarice qui lui a été adressé très souvent. Voltaire à certains moments lésine de la façon la plus étrange, comme à d’autres moments il se montre d'une étonnante générosité; mais, tout compte fait, il a donné beaucoup plus de preuves de générosité que d’avarice.

Ce ne sont pas des raisons d'intérêt qui ont amené Voltaire à prolonger et à multiplier ses procès, il y a été amené par le goût de la lutte et par le désir de prévaloir sur ses adversaires. Si on peut enfermer dans une formule les motifs d'action d’un homme aussi complexe que Voltaire, il nous semble que M. F. Vézinet a bien compris le caractère du personnage quand il dit que, malgré ses variation d'humeur « un sentiment pourtant le domine » et l'explique : l'’amour-propre, dans le double sens » qu'avait ce mot au XVII siècle, souci de soi et de sa » réputation » et quand il ajoute que c’est par amourpropre que Voltaire serra les cordons de sa bourse et par

1. Pour la conception de l'honnêteté au XVIIIe siècle, voir H. Thirion : La vie privée des Financiers au XVIIIe siècle. Paris 189%.

amour-propre qu’il les dessera et redouta toujours et pardessus tout d'être volé.

Cette: étude nous a été facilitée sur des points particuliers par les recherches érudites de MM. L. Foulet et F. Caussy et par le livre si précieux de M. D. Muller : c'est à eux que nous devons une bonne partie de nos renseignements; l’autre nous a été fournie par la Correspondance, elle-même de Voltaire, qui est une mine inépuisable de renseignements.

Nous nous sommes dispensé d’insister sur la biographie de Voltaire qui est assez connu de tout le monde Î.

J1 nous reste que de nous excuser de n’avoir pas résisté au plaisir de multiplier les citations de Voltaire et de lui avoir trop souvent donné la parole; mais il nous a semblé que tant de passages écrits en une langue si pure et d’une plume toujours si alerte et si spirituelle permettront de connaître l'écrivain et d'admirer son style si clair, si précis, si français.

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