‹ Voltaire FinancierChapitre 8 sur 108 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

5. Longchamp et Wagnière : Mémoires sur Voltaire et sur ses ouvrages, Paris 1826, tome II, p. 490.

Voltaire n'avoua jamais les vers satiriques dont on l’accusait et sortit de la Bastille, le 11 avril 1718, après une détention de onze mois. L’emprisonnement fut suivi d'un exil à Châtenay qui ne prit fin qu'en octobre 1718 1. De retour à Paris, Voltaire fait jouer le 18 octobre 1718 l'Œdipe, qui eut un succès inoui pour l'époque et fut joué quarante-cinq fois. La première édition de cette tragédie, qui est de 1719, fut dédiée à Madame, femme du régent ?.

Pour récompenser le jeune poète, et peut-être aussi pour le dédommager des rigueurs du pouvoir, le duc d'Orléans lui accorda une gratification que la Harpe dit avoir été de cent louis 3 et Baculard d'Arnaud de mille écus.

Vers l'automne de 1720, Voltaire fait copier les neuf chants de son poème et Thieriot est chargé de les porter au duc d'Orléans #; à la suite de cette démarche, notre poète obtient une pension et le Mercure de France du mois de janvier 1722 nous annonce que « M. Arrouet de « Voltaire, de qui le père est mort depuis peu, a obtenu « du roi, par la protection de M. le duc d'Orléans, une « pension de deux mille livres. Son poème d'Henri IV « paraîtra bientôt, et l'on compte fort qu'il soutiendra.

1. Lucien Foulet : Correspondance de Voltaire (1726 à 1729), Paris 1913, p. 234.

2. Louis Nicolardot : Ménage et finances de Voltaire, avec une introduction sur les mœurs des cours et des salons au xvVIII® Siècle, Paris 1854, p. 27.

3. Jean F. de la Harpe : Lycée ou Cours de Littérature. Pa ris 1821 à 1822, tome VIII, p. 5.

4. Lettre à Thieriot de 1720, éd. Moland, tome XXXIII, p. 55.

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« imprimé la réputation que lui ont acquises les lectures « des manuscrits 1 ».

Voltaire ne voulut pas jouir seul de cette pension tandis que son ami Thieriot était toujours à court d'argent et dans une lettre qui est probablement de la seconde quinzaine de décembre 1723 2?, il écrit à son Altesse Sérénissime Monsieur le duc : « Le sieur de Voltaire représente « très humblement à Votre Altesse Sérénissime qu'il avait « obtenu du roi, il y a quatre mois, le partage de sa pen- « sion de deux mille livres avec le sieur Thieriot, son « ami; sa maladie l’ayant empêché de poursuivre l'ex- « pédition de cette grâce, il supplie Votre Altesse Sérénis- « sime d'avoir la bonté d’ordonner un brevet de cent pis- « toles pour Thieriot et de réduire à mille livres celui « de Voltaire qui est de deux mille 3 ».

Cette pension du roi lui fut très régulièrement payée jusqu’à son exil. Il est probable que durant son séjour en Angleterre, il ne réussit plus à se faire payer.

Par l'arrêt du Conseil d'Etat du 19 novembre 1726 #4, le cardinal de Fleury réduisit cette pension à 1.600 livres et le 1° avril 1745 elle fut confondue dans les appointements

d'historiographe de l’auteur de la Henriade.

1. D'après Lucien Foulet : Correspondance de Voltaire, p. 234.

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