‹ Voltaire FinancierChapitre 86 sur 108 · F. Caussy. Voltaire, seigneur de village, p · texte numérisé non relu

F. Caussy. Voltaire, seigneur de village, p

8. Voltaire économiste a été étudié, mais d’une manière peu satisfaisante dans la thèse de M. Roger Charbonnaud : Les idées économiques de Voltaire, Angoulême 1907.

3. G. Weulersse, Le Mouvement Physiocratique en France de 1756 à 1770, Paris 1910, 2 volumes, tome I, p. 19.

4. F. Baldensperger, Voltaire Anglophile avant son séjour d'Angleterre, Revue de Littérature comparée, janviermars 1929.

ami Falkener que lui furent révélés l'importance et les principes d’une science économique.

Après son retour en France, Voltaire lit l'Essai politique sur le commerce, de Meulon, et à la suite de cette lecture, il publie en 1736, Le Mondain, et un an après sa Défense du Mondain, opuscules qui sont l’un et l’autre une apologie du luxe 1. 5

En 1738, Voltaire publie ses Observations sur MM. J. Law, Melon et Dutot. Comme économiste, Voltaire a su se montrer un disciple original et qui bien des fois, a torrigé ses maîtres.

Après son établissement aux Délices et à Ferney, Voltaire s'intéresse vivement au mouvement physiocratique, d'abord comme propriétaire foncier et aussi du fait que certaines questions économiques étaient alors à la mode.

Il lit la plus grande partie des ouvrages des physiocrates?, est abonné aux Ephémérides du citoyen (1765 à 1772) et ensuite aux Nouvelles Ephémérides économiques de Baudeau, lit l’Encyclopédie à laquelle d’ailleurs il collabore, reçoit chez lui Turgot (novembre 1760) 3, Condillac, Condorcet et Fabbé Morellet #.

Voltaire a reçu de son temps une grande partie de ses

1. Voir André Morize : L’Apologie du Luxe au xVIII® siècle, Le Mondain et ses sources, Paris 1909.

2, Voir dans l’appendice la liste des ouvrages économiques dont Voltaire parle dans ses œuvres.

3. C. Lecoq. Turgot au Panthéon. Un garant. Le Carnet Historique et Littéraire, 1899, tome III.

4. Dr Félix (Gerlier, Volaire, Turgot et les franchises du pays

de Gex, Paris 1883, p. 19. Fe

idées économiques et son influence, en beaucoup de cas, est celle d'un agent de transmission, qui ajoute à ses idées la puissance séductrice de son talent. Il est difficile de distinguer au sein du grand courant de la pensée économique du Xvir* siècle, celles de ces idées qui sont personnelles à ‘Voltaire, et c'est seulement une étude détaillée des sources de ces dernières qui peut donner une juste idée de son apport personnel. C'est une étude qui reste à faire 1.

Voltaire n'a jamais eu de système en économie politique, pas plus qu'en philosophie, car il se défia toujours des systèmes ?. L'originalité des conceptions économiques de Voltaire est dans l'importance capitale que Voltaire attache à l'expérience. Ainsi, l'Examen du Testament politique du cardinal Albéroni (1753), contient le passage suivant : « Un écrivain fait un beau livre plein de profonds « raisonnements sur le commerce ruineux de l’Europe « avec les Grandes Indes ; un négociant, d’un trait de plu- « me, y envoie, sans raisonner, des effets; il s'enrichit, et « ne lit point le livre. » Dans une lettre du 5 janvier 1759, le poète n’est pas moins explicite et écrit : « Quant à tous vos écrits sur l’agriculture, je crois qu’un paysan de « bon sens en sait plus que vos écrivains qui, du fond de leur cabinet, veulent apprendre à labourer les terres. Je laboure et n’écris pas sur le labourage 3. »

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d. Alfred Espinas, La Troisième Phase et la Dissolution du Mercantiusme (Mondeville, Law, Melon, Voltaire, Berkley), Pa- Tis 1902.

8. Dans l'Exode du poème de la Loi Naturelle, 1752, Voltaire écrit : « Ecartons les romans que l'on nomme systèmes ».

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