‹ VoltaireChapitre 40 sur 74 · XIV, 155. XV, 105. XXXIII, 483, 492,506. XXXV, 4i4, etc · texte numérisé non relu

XIV, 155. XV, 105. XXXIII, 483, 492,506. XXXV, 4i4, etc

VOLTAIRE IirSTOlUEX. ?17

donl je vous parle ont préparé des plaisirs purs et durables mmes qui ne sont poinl encore nés. Une écluse du canal qui joinl l<-s Jeux mers, un tableau du Poussin, une belle tragédie, une vérité découverte, sont des choses mille fois plus précieuses que toutes 1rs annales de la cour, que toutes les relations de campagne. Vous savez que chez moi ies grands hommes sont les premiers, et les héros les déri iers. J'appelle grands hommes tous ceux qui ont excellé dans l'utile ou. dans l'agréable. Les saccageurs de province ne sont que héros I.

( : est donc le mouvement de la civilisation, la diffusion de la raison, mais de la raison appliquée au bien rire, que Voltaire a voulu peindre. El voilà par où il a cru faire œuvre à la fois de bon citoyen et de bon cosmopolite.

Mais il était impossible de peindre la marche de l'humanité sans se prononcer sur la force qui donne l'impulsion : autre dessein qui croise les autres, autre série de rapports à dégager. Depuis 1 500 ans, la conception Providentielle de l'histoire dominait les esprits : elle avaittrouvé son expression éclatante dans le Discours sur l'histoire universelle.

Voltaire élimine de l'histoire la prudence divine. Les événements sont le produit nécessaire des lois universelles. Des chocs et des coïncidences qu'on ne peut prévoir — on les appelle hasard — déterminent les destinées des peuples. Un verre d'eau sur une robe, et voilà Marlborough en disgrâce, la paix rétablie entre l'Angleterre et la France. Un curé et un conseiller dirigent un jour leur promenade vers Denain, et voilà la voie de la victoire découverte à Villars. D'heureuses réussites adaptent

Page 1