‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 62 sur 103 · Ibid., p. igS · texte numérisé non relu

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jure contre son valet et laisse ses sujets insulter grossièrement la reine. La reine avait, paraît-il, acheté un terrain pour agrandir ses jardins particuliers de Kensington. Ce fut alors que lady Molyneux fit arracher plusieurs arbres et intenta un procès à la reine pour possession illégale ; lorsque la reine exprima son désir d'arranger les choses à l'amiable, lady Molyneux refusa d'entrer en pourparlers avec elle et fit même attendre son secrétaire pendant trois heures avant de le recevoir ^ C'est à juste titre qu'un membre de l'aristocratie française pouvait manifester son indignation et son étonnement que tels faits pussent se passer dans un pays monarchique.

Montesquieu fut frappé du nombre et de la licence des journaux et publications périodiques. Les publications journalières et hebdomadaires étaient à cette époque au nombre d'une vingtaine. Les plus importants étaient la London Gazette, British Journal, Weekly Medley, Evening Post, Whitehall Evening Post, London Evening Post, St James's Evening Post, London Journal, Appleby's Weekly Journal, British Gazetteer, The Postman, The Craftsman, The Daily Post, Fog 's Weekly Journal, The Weekly Spectator.

On ne se doute pas généralement que la presse était aussi florissante au début du règne de George II que de nos jours, et tout aussi populaire. « Un cou-

I . Notes sur l'Angleterre ; Œuvres (édit. Laboulaye), vol. VII, p. i86.

vreur, dit Montesquieu, se fait apporter la gazette sur les toits pour la lire. * »

Il est évident que Montesquieu lisait assidûment les journaux. Il raconte à son ami, le père Geratti, qu'il avait lu av€c indignation dans un journal^, un article où Ton parlait d'une innocente invention du cardinal de Rohan pour jouer sans bruit au backgammon et autres jeux du même genre que Ton disait avoir pour but d'encourager le jeu dans les églises et les chambres à coucher.

Il discute la liberté de la presse et remarque combien il est facile pour un étranger de se méprendre à ce sujet.

La licence de la presse, dit-il, trouve en elle-même son correctif caries opinions des innombrables sectes et factions qui divisent le pays trouvent également leur expression dans les différents journaux, de telle sorte que les manifestations des journalistes se neutralisent mutuellement.

({ L'Angleterre à présent est le pays le plus libre qai soit au monde, le prince n'a le pouvoir de faire aucun tort imaginable à qui que ce soit par la raison que son pouvoir est contrôlé par un Acte. » « Si, ajoute-t-il, la Chambre basse devenait maîtresse, son pouvoir serait illimité et dangereux parce qu'elle aurait en même temps le pouvoir exécutif, au lieu qu'à présent le pouvoir illimité est dans le Parlement et le roi, et la puissance executive dans le roi, dont le pouvoir est borné. »

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