‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 61 sur 103 · I. Lettre à Lord Harrington et Mr Povntz. Coxe, Walpole · texte numérisé non relu

I. Lettre à Lord Harrington et Mr Povntz. Coxe, Walpole

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Il existe deux relations de cette séance, Tune donnée par Horace Walpole dans sa lettre à Harrington, dont je viens de citer un passage et l'autre donnée par Montesquieu. Aucun compte rendu des discours qui furent prononcés n'est parvenu jusqu'à nous, de sorte que l'extrait du discours de Walpole cité par Montesquieu présente un intérêt particulier. Il n'y a qu'une divergence entre les deux relations, Walpole dit que la séance commença vers cinq heures de l'aprèsmidi, Montesquieu parle de « une heure après midi ».

Voici le passage de Montesquieu :

« J'allai avant hier au parlement à la Chambre basse, on y traita de l'affaire de Dunkerque. Je n'ai jamais vu un si grand feu. La séance dura depuis une heure après midi jusqu'à trois heures après minuit. Là, les François furent bien malmenés : je remarquai jusqu'oii va l'affreuse jalousie qui est entre les deux-nations. M. Walpole attaqua Bohengbroke de la façon la plus cruelle, et disoit qu'il avait mené toute cette intrigue. Le chevalier Windham le défendit. M. Walpole raconta en faveur de Bolingbroke l'histoire du paysan qui, passant avec sa femme sous un arbre, trouva qu'un homme pendu respiroit encore. Il le détacha et le porta chez lui ; il revint. Ils trouvèrent le lendemain que cet homme leur avait volé leurs fourchettes ; ils dirent : « Il ne faut pas s'opposer au cours de la justice : il le faut rapporter où nous l'avons pris ' . »

I. Noies sur l'Angleterre; Œuvres (édit. Laboulaye), vol. VII, p. 191.

Il n'est pas étonnant que le spectacle de ces séances n'ait pas inspiré à Montesquieu une très haute opinion des politiciens anglais. « Ils n'ont, dit-il, aucun objet déterminé, mais gouvernent au jour le jour. Purement égoïstes et dénués de tous principes, leur seul but est de triompher de leurs adversaires et pour atteindre cette fin « ils vendraient l'Angleterre et toutes les puissances du monde ^ ».

Il constata que le peuple avait peu de respect pour ses souverains. Il regardait le roi comme « un homme qui a une belle femme, cent domestiques, de beaux équipages, une bonne table, on le croit heureux. Tout cela est au dehors". » Il n'a rien de remarquable et il ne se passe pas un jour, ajoute Montesquieu, où on ne perde pas quelque respect pour lui... 11 fait une remarque frappante au sujet de la monarchie. A son avis, c'est l'intérêt de la France de soutenir la monarchie en Angleterre, car une république serait beaucoup plus dangereuse ; une république concentrerait toutes les forces de la nation alors que le roi gouverne avec des forces divisées. « Pourtant, poursuit-il, les choses ne peuvent plus rester longtemps comme cela^ »

En un autre endroit, il par'.e du roi avec mépris. S'il observe le decorum en public, dit-il, en particulier, il se dispute avec sa femme et ses domestiques,

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