‹ Voltaire mourantChapitre 25 sur 33 · CRITIQUE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

CRITIQUE LITTÉRAIRE

de la Rei'ite d'Histoire Moderne et Contemporaine.

Des Barreaux a le mauvais œil; il a porlé malheur à Voltaire, il ne m'a pas été plus propice. L'homme est désarmé devant la fatalité. En veut-on une preuve ?

Je recevais le 6 juillet dernier la carte-lettre suivante, qui m'était envoyée par mon éditeur, M. Henri Leclerc :

Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine

loi, rue de Yaugirard, Paiùs. — (Téléph. 702-19)

Le 6-7-07.

iNlonsieur,

Je désirerais avoir pour analyse et compterendu dans la Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, l'ouvrage suivant que vous venez de pulilier :

F. Lachèvue. il Le prince des Libertins du XVIP siècle. Jacques Vallée des Barreaux.

1) La Cliroiiique des Cliapons et des Gelinottes.

Je vous serais obligé d'en faire remettre un

exemplaire au Bureau de la Revue., loi, rue de Yaugirard (Librairie Edouard Cornélvi. Le compte-rendu vous sera adressé dès son apparition.

Veuillez agréer, INlonsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Le Rédacteur ex Chef.

Était-ce rinllueiice bienraisantc du spectacle de la nature: la beauté du ciel de Courménil, la luxuriante végétation de ses bois, la tache rouge des vaches normandes dans le vert intense des prés, etc., etc., qui me fit négliger cette carte-lettre d'apparence inoffensive ? C'est probable. En tout cas, je dois Favouer à ma confusion, Fexistence de la Reçue d^ Histoire Moderne et Contemporaine ne me préoccu])ait nullement en juillet dernier et j'ignorais même l'autorité dont jouissait son critique littéraire, M. R. Durand. Fatal aveuglement ! Je ne pressentais pas à quel péril grave je m'exposais bénévolement, le numéro de janvier 1908 de la dite Reçue me Fa appris!

Il y a des gens qui sentent venir le danger, heureux mortels ! Il suffisait, paraît-il, d'envoyer un exemplaire de m.o\\ Des Barreaux (prix: 10 francs; net, 9 francs) pour apaiser le jNIinotaure. Économie mal entendue ou plutôt, je le répète, fatal aveuolement! Mais on est désarmé devant le Destin!

Est-ce vraiment à cette négligence, est-ce plutôt à la justice immanente chargée de châtier les gribouilleurs de lettres, estce enfin à une vengeance posthume que j'ai dû l'apparition delà Vérité dans sa beauté immaculée me signifiant, sous la forme de M. R. Durand, à propos de mon Des Barreaux, les plus tristes et les plus désolantes vérités?

La dernière hypothèse, un peu troublante, m'a amené à procéder à un sérieux examen de conscience. N'ai-je pas calomnié involontairement un innocent ou éveillé la susceptibilité ancestrale de M. R. Durand? Sur le premier point, la réponse tout d'abord fut négative; sur le second, aucune hésitation : Le nom de Durand, si agréable à mes oreilles, me rappelait la trouvaille de l'unique exemplaire du livre d'amour d'un pauvre poète roué en 1618 et le plaisir éprouvé en dévoilant sa personnalité et celle de son inspiratrice: Marie de Fourcy, sa cousine, marquise d'Effiat et mère de l'infortuné Cinq-Mars. En réimprimant « Les Méditations de E. D. «, j'estimais avoir ajouté un fleuron à la couronne de gloire de l'innombrable famille des Durand et m'ôtre concilié les sympathies de ses membres. Et voilà qu'un Durand, non un Estienne — le coup eût été trop rude — , mais un R (Roger? Raoul? Rodolphe? Robert? René?...) Durand me

— iS; —

traite « d'amateur au pire sens du mot » ! S'il s'etail ])orné à ce coup de denl, passe encore, je me serais consolé, mais il a l'ait de moi « un collectionneur d'anecdotes saugrenues et apocryphes », etc., etc!... Ce rapprochement de noms: Estienne Durand et R. Durand ne serait-il pas providentiel, n'y aurait-il pas entre eux une relation de cause à effet? Estienne Durand, du haut de l'Empyrée, mécontent de mes investigations indiscrètes sur sa vie et ses amours, a-t-il chargé Pi Durand, le

choisissant de préférence entre tous les Durand, du soin d'assouvir sa rancune. Un instant je me suis demandé si M. R. Durand ne descendait pas de la victime du connétable de Luynes ? Les généalogies ont beau ne mentionner aucun rejeton d'Estienne, G. Golletct a beau le dire céli])ataire, le doute est de rigueur en cette matière... Je m'égare, si par hasard j'allais offenser M. R. Durand et diffamer sans le vouloir ses légions d'aïeux, ^'ite, j'abandonne celte hypothèse; n'en parlons ])lus, et pourtant si elle était exacte, de quelle lumière d'en haut resplendiraient les épithètes dont il m'a gratifié !

Faut-il maintenant égrener le chapelet de mes illusions perdues? Oui, il le faut, ne fut-ce que pour faire revivre une minute le passé délicieux désormais effacé de ma mémoire. Ce calvaire est dur à gravir, gravissons-le !

Distingué par VAcadc'/?ne des Inscriptions et BeUes-Lettres qui accordait à ma BUdio graphie des recueils collectifs des poésies publiés de 1591 à 1100 une récompense de 2.000 francs (fondation Rrunet) en la qualifiant de répertoire inestimable pour Histoire de la poésie française an X\IP siècle^, je croyais que mes travaux de recherches offraient quelque intérêt. Cette Biblioi^raphie en 4 vol. in-4'' représentait six années de travail, et des hommes tels que M. Gustave Lanson, professeur d'éloquence à la Sorbonne, directeur de la Reçue universitaire^ l'avaient jugée très favorablement :

<( Il est superllu de faire l'éloge de la publication de M. Frédé- (c rie Lachèvre. Le titre de son premier volume nous en détaille

(i) Discours de M. Ronû (Gagnai, séance publique annuelle du vendredi iG novcnibi-e kjoG.

« suffisamment le contenu, et Ton voit de quelle inestimable « utilité sera son travail j)our les historiens de la littérature et (( pour les critiques, s'ils veulent bien s'en servir. C'est avec « des collections pareilles de documents et de matériaux qu'il (( deviendra possible, peut-être vers l'an 2000, si l'on ne perd pas « de temps, d'écrire une histoire de la littérature française qui « ait de la solidité et de la précision. Ce que ]M. Lachèvre nous « offre est le résultat de très riches et patientes recherches... » {Revue unwersitaire).

Dois-je encore citer M. Paul Bonnefon, de la Re^>iie d'Histoire littéraire de la France^ ]M. Georges Vicaire du Bulletin de Bibliophile^ M. Georges Montorgueil de V Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, M. Ad. van Bever du Mercure de France, le Père Henri Chérot, etc., etc., non moins élogieux à son sujet? Je m'arrête de peur de contrister ceux qui se sont si lourdement trompés sur mon compte.

Je pouvais sans trop de témérité, on l'avouera, après avoir i)ublié le Commentaire inédit de Le Verrier sur les Satires de Boileau\ la Chronitfue des Chapons et des Gelinottes du Mans de Martin de Pinchesne, etc., etc., m'estimer « le travailleur méthodique et consciencieux » que m'opposait hier M. Pi. Durand alors que je ne suis, d'après lui, on l'a vu, qu'un « amateur au pire sens du mot », « un collectionneur d'anecdotes saugrenues et apocr^ plies «, etc., etc.. Grâce à Dieu, cet excellent mais sévère II. Durand ne laisse planer nulle incertitude sur sa pensée, elle n'a rien de « chaotique » et il l'exprime dans une langue aussi savoureuse que châtiée. Chirurgien littéraire, M. R. Durand se place à part parmi les plus grands de notre époque, il tue l'œuçre,

(i) (c 11 y avait longtemps que Boileau n'avait eu la bonne fortune d'une aussi imporlanle publication d'inédit. Le Commentaire de Le Vei-rier n'ajoute pas seulement à celui de Brossette, et n'enrichit pas seulement de précisions nouvelles l'interprétation de l'œuvre et la biographie de Despréaux; mais ce qui en fait l'incomparable valeur, c'est qu'il est annoté, rectifié, refait par le poète. Et ainsi, outre ce qu'il nous apporte de neuf, il authentique plus d'une fois la tradition.

« M. Lachèvre, dont le nom seul est une garantie d'exactitude, a fait cette publication avec une conscience que la seule disposition typographique du texte suffit à manifester ». (Gustave Lanson, Revue Universitaire.)

mais il sauve l'/iuninw, il fait oublier Sainte-Beuve, et MM. Lansoii, Leniaître et Faguet, etc...; ces messieurs usent de trop de ménagements, ils n'ont ni son coup d'œil, ni sa sûreté de main, je tremljle pour eux, si ce « critique » s'occupe un jour des « critiques ». Cette altière et farouche indépendance lui vaut ici l'humble témoignage de mon admiration.

Mais à cette admiration se mêle aujourd'hui une reconnaissance toute fraîche qui en atténue peut-être le prix. Sans lui, je restais perdu dans la Ibule obscure des écrivassiers de cinquantième ordre. Il est pour moi ce que Boileaua été aux misérables poètes du XYii" siècle. Quel que soit le sort des renommées faites par ^IM. Lanson, Bonnefon, Vicaire, etc., etc., elles seront bien pâles à côté de celles consacrées par 'SI. R. Durand: un volume tout entier d'un de ces Maîtres, placé dans un des plateaux de la balance de la Postérité, ne pèsera pas lourd si dans l'autre on met une phrase, une ligne de jNI. R. Durand. Il vaut mieux être ridiculisé par un grand homme que loué par dix écrivains de second ordre, c'est l'avis des gens de bon sens. Honneur soit donc à M. R. Durand, je garderai, grâce à lui, dans l'avenir, les qualificatifs « d'amateur au pire sens du mot », de « collectionneur d'anecdotes saugrenues et apocryphes » ; je ne puis m'empêchcr de répéter ces deux appréciations lapidaires, elles se complètent l'une l'autre, résonnent comme une musique exquise et reviennent à chaque instant sur mes lèvres comme un refrain enchanteur .

Est-ce à dire que j'aie été séduit du premier coup ? Non ! C'est le propre des œuvres fortes de ne s'imposer à l'esprit que par la réflexion. Je l'avoue à ma courte honte, j'ai d'abord méconnu la grandeur du service que venait de me rendre M. R. Durand ; je n'ai pas eu l'à- propos de René Le Pays ripostant au vers de Boileau :

Le Pays sans menfir est un bouffon plaisant ^ .

« Il est nécessaire qu'il y ait de méchants auteurs pour donner « de l'éclat aux illustres, et si ces auteurs-là n'avaient rien « écrit de mauvais, Boileau n'eût peut-être jamais rien dit de

(i) Satire III, vers 180.

(( 1)011... » ' J'ai eu le tort grave, le tort in(|iialifiable de céder à un accès de mauvaise liiiineur. Le vulgaire déclare que le premier mouvement est le bon, non, mille fois non! Quand je constate que j'ai pu protester contre la sentence de ^I. R. Durand et dans des termes peu aimables, j'en pleure de douleur, mais la réparation serait incomplète si je ne donnais ici le texte de ma lettre qui prouvera combien la colère, mauvaise conseillère, aurait fait de moi un monstre d'ingratitude digne de l'oubli, si je ne m'étais ressaisi à temps :

Le Vésiuet, le lo ^lars 1908.

« Monsieur le Directeur,

« Vous avez pris la peine dont je vous remercie, d'envoyer « à mon éditeur le compte rendu de mon livre : Le Prince des c( Libertins du XVIP siècle, Jacques Vallée Des Barreaux qui a u paru dans le Numéro de Janvier 1908 de la Revue d'Histoire « Moderne et Contemporaine sous la signature de R. Durand.

(( Ce compte rendu renferme des inexactitudes que j'ai le « droit et le devoir de relever. Votre rédacteur n'a pas écrit « un article de critique, mais a voulu tout simplement me discré- « diter en se servant d'arguments tendancieux.

« M. R. Durand a une appréciation différente de la mienne « sur l'ouvrage de M. Perrens : Les Libertins en France au (( XVIl^ siècle, il le trouve « confus, médiocrement intelli- « gent, etc., etc. ». Cette manière de voir me console un peu « du jugement de ^I. R. Durand sur mon propre travail, mais, je « le reconnais, elle était la préface nécessaire à l'éreintement « dont mon Des Barreaux est l'objet : « Bibliographie chaotique M où fourmille les références aux anas..., etc., etc. « Je répon- « drai sur ce point que cette « Bibliographie chaotique » met « au jour 5i pièces de Des Barreaux dont les nombreuses « poésies (ju'il a adressées à Marion de l'Orme et une dizaine « de sonnets des plus remarquables (n'en déplaise à M. R. Duce rand), alors qu'on ne connaissait de ce libertin qu'un seul

(i) Nouvelles œuvres de Mr. Le Pays, seconde partie, livre second, lettre à Mr. Du Tiger sur les Satires de Mr. Boileau.

« sonnet justement célèbre. J'ajoute que je mets au défi (( ]\r. R. Durand d'apporter sur Des Barreaux un document « (pielconque du xyu" siècle qui ne figure pas dans mon livre. « Le travailleur méthodique et consciencieux » auquel il fait « appel sera obligé de profiter de mes recherches et assez « embarrassé, je le crains pour lui, d'v ajouter quelque chose « d'inédit.

« Je connais la « solide » thèse de M"" K. Schirmacher, je « l'ai citée dans ma lîiljliographie des recueils collectifs de « poésies publiées de 1^97 à 1700 qui a obtenu une récompense « de 3.000 francs de l'Académie des Inscriptions etBelles-Lettres « (fondation Brunet); cette thèse ne contient rien d'intéressant « sur les relations de Des Barreaux et de Théophile, je n'avais « donc pas à m'en occuper.

« Je ne m'amuserai pas à réfuter plus longuement M. 11. Du- « rand, je me permettrai seulement de lui dire que sa der- « nière phrase est de trop: en me traitant « d'amateur au pire « sens du mot «, il est simplement insolent, cette façon d'agir « n'ajoute rien à son argumentation. Je ne me permettrais pas « un tel qualificatif à son égard : « critujiie au pire sens du mol » « bien qu'il soit aujourd'hui en situation.

« Enfin, Monsieur, une petite observation : Vous avez (f demandé mon livre à l'éditeur, bien entendu à titre gratuit. « Vous l'a-t-il envoyé? Je l'ignore. S'il vous Ta envoyé, le « procédé est de mauvais goût. S'il ne vous l'a pas adressé, « tout s'explique. Il n'est jamais difficile d'exercer une mes- « (|uine vengeance.

« Vous voudrez bien, ^lonsieur, reproduire cette lettre dans « votre prochain numéro et, dans cette attente, je vous prie « d'agréer l'expression de mes sentiments distingués ', signé : « F. Lâché vre. »

(i) Une preuve de l;i siiicérilé de mon rcpcnlir, je la donne dans ce fait que je me suis refusé à acheter le numéro de la lic\'ue d'Histoire Moderne et Contemporaine qui doit contenir cette lettre. Si, taisant montre d'une impartialité rare, le rédacteur en chef de ladite Itevue ne l'a pas publiée, je lui en exprime ici ma vive reconnaissance.

Combien esl vilaine la basse insinuai ion (|iii (commence ce nica culpa et finit cetle lettre; elle sera le remords de ma vie.

Supposer un instant que M. R. Durand réclamant mon ouvrage sous le couvert de \^ Re^'iic (Tllistoire Moderne et Contemporaine a été ca})able de le critiquer par dépit de ne Favoir pas reçu, est une supposition monstrueuse; je ne plaide pas les circonstances atténuantes, je m'humilie, je me condamne sans appel. Nier Timpartialité de M. R. Durand ! Son grand cœur 2ne pardonnera, et, pour châtiment, je le supplie de frapper plus fort sur moi. L'occasion s'en présente dès aujourd'hui ; qu'il ne résiste pas à ma demande, je lui livre le présent volume, les précédents et les suivants pour exercer son noble sacerdoce. Ce sera le fait d'une grande âme de m'immoler sur l'autel de la Vérité, sans s'arrêter aux considérations de personne. Plus vous m'attaquerez, M. R. Durand, plus je chanterai vos louanges !

.Te terminais ici cette confession quand je m'aperçus avec terreur que j'omettais de reproduire l'unique article' que j'ai lu de M. R. Durand, celui auquel, je l'ai dit, je devrai de figurer dans l'histoire littéraire au-dessous de mes vieilles connaissances, Gotin, Pradon, Pinchesne, etc. Le voici :

r"'RÉDi':Ric Lachkvke. Le Prince des libertins du XVIP siècle. Jacques Vallée des Barreaux. Sa vie et ses poésies., ijyy-iG^j. Paris, Leclerc, 1907. In-8, 264 p.

En étudiant la vie et les œuvres de cet ami de Théophile de Viau, M. Lachèvre a voulu, nous dit-il dans sa préface, « apporter une petite, mais sérieuse contribution ii l'histoire du libertinage au xvii« siècle, histoire si magistralement traitée par jNI. Perrens. » Avant d'aller plus loin, il conviendrait de faire remarquer à l'auteur que l'ouvrage de Perrens [Les Libertins en Franee an XVIl^ siècle, Paris, i8t)6, in-12) n'a rien de spécialement « magistral », qu'il est confus, médiocrement intelligent et dénué de références. Il mériterait une revision, que peuvent dès maintenant préparer des mono-

(i) Il existe bien un ;iiUre Iravail de M. R. Durand signalé par la Revue d Histoire Moderne et Contemporaine, sur les rapports de M'^"' Darboy et du Saint-Sièoe; on voit tout de suite l'immense étendue du savoir de M. R. Durand, le wx" siècle lui est aussi familier que le XVII^

- 'yi -

graphies correctement laites, consacrées aux principaux libertins. M. L. peut-il se vanter d'avoir écrit une de ces monographies ? Assurément non. Une bibliographie chaotique, où lourmillent les références aux Anas, des détails généalogiques complaisamment développés, de ci, de là, quehjues renseignements empruntés aux Mémoires du P. Garasse et aux Historiettes de Tallemant des Réaux, des poésies le plus souvent insignifiantes, si l'on excepte quelquesunes, insérées in extenso, par dessus tout une rare indioencc d'idées, rien de tout cela ne constitue un livre, même quand celuici se présente sur papier de luxe avec frontispice à l'eau-forte.

INI. L. eût mieux fait de s'inspirer de la solide thèse de K. Scliirmacher [Théop/iile de Vidii^ Sein Lehen und seine Werke, Leipzig et Paris, 1897, in-8). Il ne la cite pas une seule fois dans son étude, consacrée à « l'inséparable » de Théophile, et n'en soupçonne sans doute même pas l'existence.

D'autre part, le lecteur intelligent souhaiterait quelques précisions sur ce libertinage d'esprit dont il est sans cesse question : il remarque que des Barreaux a eu pour précepteur, d'après Gui Patin, un péripatéticien italien, Cremonini, professeur à Padoue (voir aux pages i55 et 235). Qui était ce Cremonini? Quelle part a-t-il eue dans le libertinage de son élève ? Mais ce sont là des curiosités qu'ignore M. L. Il n'en a (pie pour collectionner les anecdotes saugrenues et apocryphes.

Il est à souhaiter <|u'un travailleur méthodique et consciencieux traite à nouveau ce sujet gâché à plaisir par un « amateur » au pire sens du mot. — R. Durand.

Quel atticisme et quelle élévation de pensée malgré la sévérité de la forme ! Il n'est pas besoin d'être un lecteur « intelligent » pour goûter les beautés de cette admirable prose.

Je remercie Dieu cependant d'avoir fait acheter mon Des Barreaux par des lecteurs inintelligents, autrement je n'aurais pi' survivre à leur indignation si elle eût été de la trempe de celle de M. R. Durand.

Les forces humaines ont des limites et je ne suis pas arrivé, malgré ma bonne volonté, à vaincre complètement mon sot orgueil. C'est beau, c'est chrétien de tendre l'autre joue après avoir reçu un soufflet, j'essaie sincèrement de persévérer dans cette attitude non sans quelques velléités de révolte! Plus que tout autre j'ai conscience de ma faiblesse, j'y cède pour la dernière

fois en plaçaiil, en face du réquisitoire salutaire de M. R. Durand l'extrait d'une lettre de M. Fortunat Strowski, professeur à la Faculté des Lettres de Bordeaux, particulièrement documenté sur rhistoire du libertinage en France au xvii® siècle, l'éditeur de Montaigne et l'auteur du remar(|uable ouvrage : Histoire du seniinienl religieux en France au XVII'^ siècle. Pascal et son temps.

Bordeaux, G Aoûl 1907.

« Je crois. Monsieur, que votre savant livre (le Des Barreaux) (( est la vérité même; vous avez réuni tous les documents. J'ai fait « quelques recherches sur ce sujet : aucun des documents que je « connaissais ne vous a échappé, aucun, et vous en connaissez beauce coup que j'ignorais ; tout ce que j'ai pu lire ou voir sur ce sujet « confirme vos conclusions, j'estime que votre livre — à moins de « découvertes imprévues — épuise le sujet. »

Que M. Pi. Durand me pardonne cette dernière convulsion d'un amour-propre définitivement étouffé, que pèse en effet l'opinion de M. Strowski en face de la sienne !

F. Lâchèvhe.

i5 ^lars ICJ08.

TABLE ALPHABÉTIUUE DES PRINClPAliX NOMS CITÉS

Les noms commençant par D', Du,L', La. Le, S(înt classés an D et à IL.

Los chilTies marqués d'un astérisque indiquent que le nom est répété plusieurs fois

dans la même page.

Aradémie française, xx-xxi, IcS.rxS.

~-x Alain (maître), procureur an

Châtelet \\G

Amelot, ministre. Vi*, '>'|*, Ht), 82,

Ammien Marcellin \

Amyot 5o

Annecy (évêque d), voir

Biord (Mg').

Antiochus »

Archevêque de Paris, voir

Beaumonl (Christoplio de).

Arnaud Baculard. . . . viii-xxv

Arnould (Louis) x

Arouët, notaire 9"»

Athalie, tragédie de Racine. . i\% Autran, agent de change. . xxiii-

Page 1