‹ Voltaire, philosopheChapitre 127 sur 135 · XXVI, 104 sqq. — Cf. p. 121 et 122, n · texte numérisé non relu

XXVI, 104 sqq. — Cf. p. 121 et 122, n

classes pauvres et surtout des paysans, le régime de rimpôt. Nous examinerons successivement ces divers points.

Quant à Thygiène, rappelons d'abord les campagnes de Voltaire en faveur de Tinoculation; il la recommanda chez nous le premier, et nul autre ne combattit avec autant de zèle et de persévérance les préjugés dont elle ne triompha que tardivement ^

Tout est encore à faire, de son temps, pour Tassainissement des villes. Les inconvénients des hôpitaux en surpassent les avantages. On y voit enlassés~sijr le même lit quatre ou cinq misérables qui se communiquent leurs maladies Tun à l'autre ; et l'atmosphère imprégnée de miasmes n'empoisonne pas seulement les malades, mais répand la mort dans toutes les rues avoisinantes. Il faut construire des hôpitaux où Ton puisse guérir; il faut, à Paris, remplacer THôtel-Dieu par plusieurs bâtiments, situés en des quartiers divers, où nos malades trouveront assez d'espace et respireront un air salubre ^.

]\Iais que dire des inhumations? « Vous entrez dans la gothique cathédrale de Paris; vous y marchez sur de vilaines pierres mal jointes, qui ne sont poini au niveau; on les a levées mille fois pour jeter souf elles des caisses de cadavres. Passez par le charniei qu'on appelle Saint-Innocent; c'est un vaste encio!; consacré à la peste : les pauvres, qui meurent souvent de maladies contagieuses, y sont enterrés pêle-mêle les chiens y viennent quelquefois ronger les ossements une vapeur épaisse, cadavéreuse, infectée, s'ei

1. Lettres philosophiques, XXXVII, 162 sqq. ; Orner d Fleunj, etc., XLI, 16 sqq.; Lettre à Tronchin, 18 avr. 1756, etc.

Page 1