‹ Voltaire, philosopheChapitre 18 sur 135 · Cf. notamment, Hist. de Jenni, XXXIV, 409 sqq · texte numérisé non relu

Cf. notamment, Hist. de Jenni, XXXIV, 409 sqq

cations, que je ferai descendre imperceptiblement par cette espèce de long bâton à plusieurs nœuds que vous voyez attaché à cette boule et qui se termine en pointe dans un creux. J'adapterai au haut â& ce bâton un tuyau par lequel je ferai entrer lair au moyen d'une soupape qui pourra jouer sans cesse; et bientôt vous verrez cette fabrique se remuer d'ellemême. A regard de tous ces autres morceaux informes qui vous paraissent comme des restes d'un bois pourri et qui semblent être sans utilité comme sans force et sans grâce, je n'aurai qu'à parler, et ils seront mis en mouvement par des espèces de cordes d'une structure inconcevable. Je placerai au milieu de ces cordes une infinité de canaux remplis d'une liqueur qui, en passant par des tamis, se changera en plusieurs liqueurs différentes et coulera dans toute la machine vingt fois par heure. Le tout sera recouvert d'une étoffe blanche, moelleuse et fine. . . Cette machine sera un si étonnant laboratoire de chimie, un si profond ouvrage de mécanique et d'hydraulique, que ceux qui l'auront étudié ne pourront jamais \g comprendre... Mais ce qui vous surprendra davantage, c'est que, cet automate s'étant approché d'une figure à peu près semblable, il s'en formera une troisième figure. Ces machines auront des idées, elles raisonneront, elles parleront comme vous, elles pourront mesurer le ciel et la terre », etc. — « Si la chose est ainsi, répond Madétès, j'avouerai que vous en savez plus qu'Épicure et que tous les philosophes de la Grèce. — Hé bien, tout ce que je vous ai promis est fait. Vous êtes cette machine... Jugez après cela si un être intelligent n'a pas formé le monde » {La Défense de mon Oncle, XLIII, 383):

L'objection des athées à la preuve physique de Dieu, c'est que le hasard a des combinaisons infinies dans rinfini du temps. Si Ton jette mille dés pendant l'éternité, ces dés ne peuvent manquer, une fois ou l'autre, de présenter tous le même point, mille six par exemple ou mille as. Voltaire en convient. Mais il n'y a là que jeu fortuit, que « chance » ; un tel « coup » ne dénote aucun dessein. Telles ne sont point les « combinaisons » qu'allègue le déiste. Sans parler de l'univers en son ensemble, considérons seulement un organisme doué de vie, qui sent et qui pense : peuton croire que le mouvement de la matière Tait produit par hasard? Dans la façon dont cet organisme est construit il faut reconnaître la sagesse d'un être supérieure

A ceux qui disent que rien n'existe et ne peut exister hors de la nature, que la nature fait tout, que la nature est tout, Voltaire répond qiï il n'y a point de nature, et que, soit en nous, soit autour de nous et à cent mille millions de lieues, tout est art sans aucune exception. Cette idée, il Ta souvent exprimée en combattant l'athéisme, notamment dans l'article A^^a/wre du Dictionnaire philosophique^; et, l'un des principaux athées contemporains, le baron d'Holbach, ayant intitulé Système de la Nature l'ouvrage dans lequel il prétendait réfuter l'existence de Dieu, 'Voltaire lui représente que le seul mot de système marque une intelligence divine, organisatrice de l'univers.

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