CHAPITRE II
Voltaire, nous l'avons dit, reconnut toujours l'exislence de Dieu soit comme certaine, soit au moins comme probable. Pourtant, sans parler de ceux qui le taxent d'athéisme*, on s'accorde généralement à le taxer d'irréligion. C'est un point que nous devons tout d'abord examiner.
« Le choix d'une religion, déclare Voltaire dans la préface d'un de ses principaux ouvrages métaphysiques^, est mon plus grand intérêt » (XLIII, 43) ; et voilà qui ne dénote pas sans doute un esprit irréligieux. Mais ce mot lui-même suffirait à montrer qu'il refuse d'accepter une religion toute faite, qu'il prétend se faire sa religion. « A qui soumettrai-je mon âme? demande-t-il dans le même passage. Serai-je chrétien parce que je serai de Londres ou de Madrid?
1. « Croiriez-vous qu'il y a eu des gens qui m'ont appelé athée? C'est appeler Quesnel moliniste » {Lettre à M. Contant d'Orville, U févr. liée).