‹ Voltaire, philosopheChapitre 39 sur 135 · Dieu et les Hommes, XLVI · texte numérisé non relu

Dieu et les Hommes, XLVI

2. Dict. phil., passim; Extrait des Sentiments de J. Meslier, XL, 410; Questions de Zapata, XLIII, 7 sqq.; Instruction à frère Pediculoso, XLIV, 486 sqq.; etc.

Fésus, après son baptême, fut transporté par l'Esprit ians un désert où il jeûna quarante jours et quarante luits; selon Jean, il partit aussitôt pour la Galilée. De même, Mathieu, Luc et Marc disent que les saintes femmes regardèrent de loin le crucifiement; nais Jean rapporte qu'elles étaient debout au pied de a croix. Les évangélistes ne s'accordent ni sur le lombre de fois qu'apparut le Christ ressuscité, ni sur es lieux où il apparut, ni sur son ascension, ni même )Ur sa généalogie. Dès les origines, l'histoire du chrisianisme fut un tissu de contradictions ^

Au surplus Voltaire montre directement l'inauthenicité des Écritures, celle de l'Ancien Testament en ixpliquant par exemple comme quoi Moïse ne peut ivoir écrit le Pentateiiqiie, celle du Nouveau Testanent en faisant voir que les quatre Évangiles ont été ■abriqués longtemps après Jésus-Christ. Il signale, ians l'un et dans l'autre, les nombreuses altérations it falsifications qu'ont reconnues d'ailleurs, à comnencer par saint Jérôme , beaucoup d'éminents chrétiens. Il rappelle les dissentiments de maintes «ectes sur certains livres sacrés : les pharisiens rejetaient tous les prophètes et ne recevaient que 6 Pentateiique; parmi les chrétiens, Marcion et ses sectateurs rejetaient le Pentateuque comme les pro- Dhètes et introduisaient d'autres livres à leur mode ; es allogiens excluaient l'évangile de saint Jean et 'Apocalypse; les ébionites admettaient un seul évangile, celui de Mathieu ; enfin les hérétiques modernes

1. Dict. phil., Généalogie, XXIX, 537 sqq. ; Extrait des Senti- <nsnls de J. Me.tlier, XL, 412 sqq.; Instruction à frère Pediculoso XLIV, 496 sqq.; etc.

répudient plusieurs livres que tient pour authentiques rÉglise romaine ^

Mais où sont, en cette matière, les éléments de certitude? Ceux qui affirment Pauthenticité de tels ou tels livres niée par d'autres, comment pourraient-ils rétablir? Les Évangiles apocryphes sont presque les seuls que citent les Pères des deux premiers siècles, i Et sait-on pour quels motifs TEglise choisit quatre Évangiles, ni plus ni moins? L'Église fixa le nombre des Évangiles à quatre d'après un rapport de saint Irénée, alléguant les quatre vents cardinaux et les quatre formes des chérubins sur lesquels Dieu est assis. A ces motifs, Théodore d'Antioche, saint Cyprien, saint Jérùme en ajoutent, il est vrai, de non moins bons : le premier, c'est que Lazare resta mort pendant quatre jours; le second, c'est qu'il y avait quatre fleuves dans le paradis terrestre; le troisième enfin, c'est qu'on portait l'arche sainte avec des bâtons passant par quatre anneaux. Et voie quelque chose de mieux. Au concile de Nicée, le.' Pères, fort en peine d'opérer le triage, placèrent sam distinction sur l'autel tous les livres contestés, er priant le Seigneur de faire tomber ceux qui n'avaien pas reçu l'inspiration divine : et telle est, paraît-il, L' grâce que le Seigneur leur accorda ^.

1. Dict. phiL, Évangile, XXIX, 268 sqq., Genèse, XXX, 25 sqq. Moïse, XXXI, 239 sqq.; Extrait des Sentiments de J. Meslier XL, 406 sqq.; etc.

2. Exaynen important, XLIII, 103 sqq. ; Collection d'ancien Évangilps, XLV, 325 sqq. ; Ilist. de Vétabliss. du Christianisme, 1 462 sqq., 489; etc.

Si l'exégèse biblique et l'histoire religieuse ne sont pas che Voltaire originales par le fond même, — car il ne fit le plu souvent que répéter à sa façon ce qu'avaient déjà dit Spinoza

Dénonçant les contradictions et les extravagances lont aljonde Thistoire du christianisme « depuis Luc ît Mathieu, ou plutôt depuis Moïse » Voltaire écrit à ielvétius : « Ce serait une chose bien curieuse que le mettre sous les yeux ce scandale de Tesprit lumain. Il n'y a qu'à lire et transcrire, c'est un )uvrage très agréable à faire; on doit rire à chaque igné )) {Lettre du 4 oc t. 1763). L'ouvrage dont parle V^oltaire, lui-même le fit en plusieurs volumes et ious des titres divers; et, le faisant, il ne négligea joint les occasions de rire.

Le rire, d'abord, est un « palliatif contre les nisères, les sottises atroces dont on est quelquefois învironné » [Lettre à M. Gaillard, 2 mars 1769). Ensuite et surtout aucune arme ne vaut celle-là dans an pays tel que la France. « On n'a cause gagnée ivec notre nation qu'à laide du plaisant et du ridicule » (Lettre à Helvétius, 15 sept. 1763). « Nous autres Français, nous sommes gais, les Suisses sont plus û^raves... Comptez que rien n'est plus efficace pour écraser la superetition que le ridicule dont on la couvre » [Lettre à M. Bertrand, pasteur à Berne, 8 janv. 1764) ^ Aussi bien, comment prendre au

Bayle, Fréret et les philosophes anglais tels que Woolston, Collins, Toland, Bolingbroke, — non seulement ce fut un admirable vulgarisateur, mais surtout il répandit dans le grand public l'esprit de libre examen, opprimé jusqu'alors par une aveugle superstition des textes sacrés; et, d'autre part, si sa polémique ne répond plus en bien des points aux idées de notre époque, si les progrès des sciences historiques, naturelles et morales ont renouvelé les études religieuses, nos exégèles modernes ne le dépassèrent qu'en le continuant.

1. Cf. encore Lettre à d'Alembert, 26 juin 1766 : •< Le ridicule vient à bout de tout; c'est la plus forte des armes. » — Lettre à Af"* du Deffand, 21 nov. 1760 : « Il faut avouer en général

sérieux les absurdités de Texégèse et de la théologie catholiques? Quand le fanatisme étale seulement sa sottise, les honnêtes gens peuvent se contenter d'en^ rire *.

Cependant, s'il y a temps pour la raillerie, il y a a temps aussi pour la colère et l'indignation. « Selon que les objets se présentent à moi, dit Voltaire, je suis Heraclite ou Démocrite; tantôt je ris, tantôt les cheveux me dressent à la tête; et cela est très à sa place, car on a affaire tantôt à des tigres, tantôt à des

que le ton de la plaisanterie est, de toutes les clefs de la musique française, celle qui se chante le plus aisément. » — Letlre à M. Gaillard, 2 mars 1769 : « Vous me parlez de certaine petite folie; il est bon de ne pas être toujours sur le ton sérieux, qui est fort ennuyeux à la longue dans notre chère nation. Il faut des intermèdes. Heureux les philosophes qui peuvent rire et même faire rire! » — Et, dans une lettre à d'Alembert, du 8 octobre 1760, le rondeau qui suit :

En riant quelquefois on rase

D'assez près ces extravagants

A manteaux noirs, à manteaux blancs,

Tant les ennemis d'Athanase,

Honteux ariens de ce temps,

Que les amis de l'hypostase,

Et ces sots qui prennent pour base

De leurs ennuyeux arguments

De Baïus quelque paraphrase.

Sur mon bidet, nommé Pégase,

J'éclabousse un peu ces pédants;

Mais il faut que je les écrase En riant.

1. Lettre à (VAlemhert, 28 nov. 1762. — On peut, il est vrai, reprocher à Voltaire bien des pages dans lesquelles sa polémique antireligieuse ne s'interdit pas la bouffonnerie, voire l'obscénité. Mais là même il a son excuse dans la bêtise pieuse avec laquelle des écrivains catholiques, tels par exemple que dom Calmet {Dict. de la Bible, 1722; Hist. de l'Atic. Testament^ 1737) commentaient certains passages de la Bible, si peu chastes à vrai dire ou si orduriers, que l'obscénité dont on accuse Voltaire consiste la plupart du temps à les avoir tout simplement traduits.

inges » [Lettre à 3/™e du Deffand, mars 1769 ; LXV,

En maintes occasions, c'est lui qui reproche à ses .mis de rire, qui leur en fait honte. D'Alembert par îxemple lui avait écrit, après le supplice de ^a Barre, une lettre dont voici la dernière ligne :

Pour moi, je rirai comme je fais de tout, et je âcherai que rien ne trouble mon repos et mon lonheur ». Mais Voltaire répond : « Ce n'est plus le emps de plaisanter; les bons mots ne conviennent >oint aux massacres » (18 juill. 1766); et, quelques ours après : « Non, encore une fois, je ne puis souffrir [ue vous finissiez votre lettre en disant : Je rirai. Ah !

1. Cf. Lettre à Damilaville, 19 juill. 1766 : « Le rôle de Démorite est fort bon quand il ne s'agit que des folies humaines; nais les barbaries font des Héraclites. Je ne crois pas que je misse rire de longtemps. » — Lettre à M. Gaillard, 2 mars ITBg :

Quand les échafauds sont dressés à Toulouse et à Abbeville, e suis Heraclite; quand on se saisit d'Avignon, je suis Démorite. » — Cf. encoi'e cette page peu connue des Questions sur es Miracles : « Il y a des choses dont on ne doit que rire; il y n a contre lesquelles il faut s'élever avec force. Moquez-vous ant qu'il vous plaira de saint Justin qui a vu la statue de sel n laquelle la femme de Loth fut changée... Riez des miracles le saint Pacôme, que le diable tentait lorsqu'il allait à la selle, :t de ceux de saint Grégoire Thaumaturge qui se changea un our en arbre. Ne faites nul scrupule, en adorant Dieu et en ervant le prochain, de vous moquer des superstitions qui aviissent la nature humaine; riez des sotlises; mais éclatez contre a^persécution. L'esprit persécuteur est l'ennemi de tous les lommes; il mène droit à l'établissement de l'Inquisition, comme e larcin conduit à être voleur de grand chemin. Un voleur ne ous ôte que votre argent; mais un inquisiteur veut vous ravir usqu'à vos pensées. Il fouille dans votre àme, il veut y trouver le quoi faire brûler votre corps. J'ai lu ces jours passés dans in livre nouveau [le Catéchisme de l'Honnête lioinme] qu'il y a in enfer, qu'il est sur la terre, et que ce sont les persécuteurs Lhéologaux qui en sont les diables » (XLII, 259).

mon cher ami, est-ce là le temps de rire? Riait-on en voyant chauffer le taureau de Phalaris? Je vous embrasse avec rage » (23 juillet).

Les ennemis de Voltaire ont souvent cité le mot suivant d'une de ses lettres : « Je suis fâché qu'on ait cuit ce pauvre Napolitain [Vanini], mais je brûlerais volontiers ses ennuyeux ouvrages » (^1 l'abbé d'Oliuet, 6 janv. 1736). Que veulent-ils prouver par là? Et prétendraient-ils nous faire accroire, en citant une boutade parmi soixante-dix volumes, que Voltaire ne haïssait pas le fanatisme ou n'en plaignait pas les victimes? « Sirven, Calas, Martin, le chevalier de La Barre, écrit-il, se présentent quelquefois à moi dans mes rêves... J'ai toujours la fièvre le 24 du mois d'auguste,... je tombe en défaillance le 14 de mai, où l'esprit de la Ligue catholique... assassina Henri IV par les mains d'un révérend Père feuillant » (Lettre à d'Argenial, 30 août 1769) ^ Si Voltaire ne se fait pas faute de rire toutes les fois qu'il y en a lieu, combien de pages, dans son œuvre, expriment sa pitié ou son indignation I Ce n'est pas l'ironie hautaine et contenue de Montesquieu, ce n'est pas non plus l'âpre rhétorique de Jean-Jacques Rousseau : c'est une éloquence sans apprêt, qui jaillit spontanément de son cœur ^.

1. De même, Lettre à Schoniberg, 31 août 1769 : « Ne soyez point étonné. Monsieur, que j'aie été malade au mois d'auguste. J'ai toujours la fièvre vers le 24 de ce mois, comme vers le U de mai » ; Lettre à M. Marin, 10 sept. 1774, édition Moland XLIX, 79. — Sur Voltaire défenseur des victimes du fanatisme. cf. p. 145 sqq.

2. Voici un passage du Dictionnaire philosophique où l'indignation succède au rire : « Peut-on répéter sérieusement que les Romains condamnèrent sept vierges de soixante et dix ans chacune à passer par les mains de tous les jeunes gens de la

Il était encore très dangereux au xviii^ siècle de combattre le catholicisme. En 1757 parut une décla- •ation royale conlre la licence des écrivains; cette iéclaration, enregistrée le i2l avril par la Grand'- Ilhambre, portait que <( les personnes convaincues l'avoir composé, lait composer et imprimer des écrits tendant à attaquer la religion » seraient punies ie la peine capitale. Et sans doute elle ne fut pas ippliquée dans sa rigueur, ^lais, durant tout le îviii'' siècle, si l'on ne brûla ni ne roua les écrivains

fille d'Ancyre?... C'est apparemment pour faire plaisir aux îabaretiers qu'on a imaginé qu'un cabaretier chrétien, nommé rhéodote,, pria Dieu de faire mourir ces sept vierges plutôt que le les exposer à perdre le plus vieux des pucelages. Dieu îxauça le cabaretier pudibond, et le proconsul fit noyer dans jn lac les sept demoiselles. Dès qu'elles furent noyées, elles tinrent se plaindre à Théodote du tour qu'il leur avait joué et e supplièrent instamment d'empêcher qu'elles ne fussent mandées des poissonrs. Théodote prend avec lui trois buveurs de sa laverne, marche au lac avec eux, précédé d"un flambeau céleste ît d'un cavalier céleste, repêche les sept vieilles, les enterre et finit par être décapité... On trouve cent contes de cette espèce dans les martyrologes. On a cru rendre les anciens Romains, adieux, et on s'est rendu ridicule. Voulez-vous de bonnes barbaries bien avérées, de bons massacres bien constatés, des ruisseaux de sang qui aient coulé en effet, des pères, des mères, des maris, des enfants à la mamelle réellement égorgés et entassés les uns sur les autres. Monstres persécuteurs, ne cherchez ces vérités que dans vos annales : vous les trouverez dans les croisades contre les Albigeois, dans les massacres de Mérindol et de Cabrières, dans l'épouvantable journée de la Saint-Barthélemy, dans les massacres de l'Irlande... 11 vous sied bien, barbares que vous êtes, d'imputer au meilleur des empereurs des cruautés extravagantes, vous qui avez inondé l'Europe de sang, et qui l'avez couverte de corps expirants, pour prouver que le même corps peut être en mille endroits à la fois et que le pape peut vendre des indulgences? Cessez de calomnier les Romains, vos législateurs, et demandez pardon à Dieu des abominations de vos pères » {Martyrs, XXXI, 159).

hostiles à TEglise, on les incarcérait, on les exilait, on interdisait ou supprimait leurs livres.

Faut-il donner, par quelques exemples, une idée de ce qu'était le régime de la presse i? Bornons-nous

1. Boulanger fut persécuté pour des livres d'érudition absolument étrangers aux polémiques contemporaines. En 1749, la Sorbonne dénonça le premier volume de Vtlistoire naturelle de Bulïon comme admettant plusieurs créations successives. En 1750, à la suite d'un sermon de je ne sais quel Père Aubert, on brûla sur la place publique de Golmar le Dictionnaire de Bayle. Après la publication de VÉmile, Rousseau fut décrété de prise de corps par le Parlement et dut s'exiler. En 1764, on interdit à Thomas d'imprimer son Éloge de Marc-Aiirèle, qui avait eu un grand succès, et de le lire à l'Académie. Sept ans après fut renouvelé l'ancien règlement qui ordonnait de ne recevoir au concours académique pour le prix d'éloquence que les discours approuvés par deux docteurs de la Faculté de théologie.

Recueillons çà et là d'autres exemples dans la Correspondance de Voltaire.

« Votre héros Fontenelle fut en grand danger pour les Oracles..., et, quand il disait que, s'il avait la main pleine de vérités, 1 n'en lâcherait aucune, c'était parce qu'il en avait lâché et qu'on lui avait donné sur les doigts. » {Lettre à Helvétius, 15 sept. 1763.) Cf. Dict. phil, Philosophe, XXXI, 398 : « On ne sait pas assez que Fontenelle, en 1713, fut sur le point de perdre ses pensions, sa place et sa liberté, pour avoir rédigé en France, vingt ans auparavant, le Traité des Oracles du savant Van Dale, dont il avait retranché avec précaution tout ce qui pouvait alarmer le fanatisme. » — Helvétius lui-même à qui est écrite la lettre citée plus haut, eut son livre de VEsprit condamné par le Parlement. « Qui croirait, dit Voltaire à l'article Lettres du Dictionnaire philosophique (XXXI, 9) que, dans le xviiie siècle, un philosophe ait été traîné devant les tribunaux séculiers et traité d'impie par les tribunaux d'arguments pour avoir dit que les hommes ne pourraient exercer les arts s'ils n'avaient pas de mains? »

« J'ai vu Fréret, le fils de Crébillon, Diderot, enlevés et mis à la Bastille, presque tous les autres persécutés, l'abbé de Prades traité comme Arius par les Athanasiens, Helvétius opprimé non moins cruellement, Tercier dépouillé de son emploi, Marmontel privé de sa petite fortune, Bret, son approbateur, destitué et réduit à la misère » {Lettre à Palissot, 16 mars 1767).

« J'ai à vous parler d'une autre nouvelle qui est assez inté-

i rappeler de quelle façon furent traités les ouvrages le Voltaire, non seulement ceux où il attaque le catholicisme, mais ceux-là mêmes où il se borne à 'xprimer, sans rien d'agressif, ses idées philoso- )liiques.

La Sorbonne dénonça la Henriade et lui en fit 'cfuser le privilège. « J'ai, déclare-t-il, trop recomiiandé... Tesprit de paix et de tolérance; j'ai trop dit le vérités à la cour de Rome, j'ai répandu trop peu de ici contre les réformés, pour espérer qu'on me pernelte d'imprimer dans ma patrie ce poème composé i la louange du plus grand roi que ma patrie ait amais eu » [Lettre à M. Cambiagiie, 1724, édit. Moland, {XXIII, 107). Les Lettres philosophiques et la Voix lu Sage et du Peuple furent supprimés. De même les leux premiers chapitres du Siècle de Louis XIV K

.relevais un monument à la gloire de mon pays,

essante selon ma façon de penser; c'est la persécution que l'on ^<' uscile à l'abbé Raynal. On dit qu'il a été obligé de disparaître, leureusement son livre ne disparaîtra jamais. Est-il vrai qu'on n veut à ce livre et à la personne de l'auteur? Les jansénistes t les pharisiens se sont réunis, et fuerunt amici ex illa liora. i n'y aura donc plus moyen chez les Welches de penser honètement sans être exposé à la fureur des barbares! » [Lettre à Wrgental, 26 nov. 1715). [Le principal ouvrage de l'abbé laynal, VHistoire philosophique et politique des deux Indes, ai3liée en 1780, fut brûlé par ordre du Parlement, et l'auteur écrété de prise de corps.]

'. Pourriez-vous me dire si vous avez entendu parler de l'aflire d'un jeune philosophe et par conséquent d'un jeune malheu- ç. eux, nommé Delisle de Sales, auteur d'un livre intitulé De la V 'hilosophie de la Naturel II a été violemment persécuté et même écrété de prise de corps » {Lettre à Marmontel, 8 mars 1777). - « On me mande qu'ils [messieurs du Chàtelet] ont condamné u bannissement perpétuel ce pauvre Delisle de Sales » {Lettre u même, 8 avr. 1777).

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