‹ Voltaire, philosopheChapitre 46 sur 135 · Cf. p. 83, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 83, n

2. Lettre à Damilaville, du 8 mars n62; Lettre à (TArgental, du 13 juillet 1763.

3. Lettre à cVAlembert du 23 juin 1160; à Thiériot, du 18 juillet; à cVAlembert, du 20 avril 1761; du 2:j février et du 12 juillet 1762; du 18 janvier 1763, etc.

4. Cf. Lettre à la comtesse iVArgental, 14 janv. 1761 : « Vous m'allez dire que je deviens bien hardi et un peu méchant sur mes vieux jours. Méchant? Non, je deviens Minos, je juge les pervers. ->

leviens bien faible, mais mon zèle devient tous les ours plus fort. » A d'Alembert, le 13 novembre 1772 : < Je deviens plus insolent à mesure que j'avance en Age. »

Jamais le ton de sa correspondance avec « les frères » ne fut si vif et si passionné. Lettre à Helvélius, du 2 janvier 1761 : « Il faut hardiment chasser iiix bêtes puantes. » Lettre à d'Argental, du 3 octobre de la même année : « Ah! barbares, ah! chiens de chrétiens,... que je vous déteste! » Lettre à dWlembert, de février 1762 : « Si j'ai lu la belle jurisprudence de linquisition M Eh! oui, mordieu, je l'ai lue, et elle a fait sur moi la même impression que fit le corps sanglant de César sur les Romains. Les hommes ne méritent pas de vivre puisqu'il y a encore du bois et du feu, et qu'on ne s'en sert pas pour brûler ces monstres dans leurs infâmes repaires » (LX, 174). Lettre à Damilaville, du 15 mars 1765 : « M. d'Argental doit recevoir dans quelques jours deux paquets de mort-aux-rats ^ qui pourront donner la colique à Uinf... j)

En même temps Voltaire encourage ses amis ou les gourmande. Il écrit à d'Alembert, le 12 juillet 1762 : « Jean Meslier doit convertir la terre. Pourquoi son évangile^ est-il en si peu de mains? Que vous êtes tièdes à Paris ! Vous laissez la lumière sous le boisseau. » A Damilaville, le 12 octobre 1764 : « Chacun de son côté combat le monstre de la superstition fanatique; les uns lui mordent les oreilles, d'autres le ventre, et quelques-uns aboient de loin. Je vous

1. Le Manuel des Inquisiteurs, par Morellet. •2. Il s'agit de brochures anticatholiques. 3. L'Extrait des Sentiments de Jean Meslier.

invite à la curée »; et le 19 novembre 1765 : « Allons,] brave Diderot, intrépide d'Alembert, joignez-vous mon cher Damilaville, courez sus aux fanatiques et aux fripons;... détruisez les plates déclamations, les misérables sophismes, les faussetés historiques, les contradictions, les absurdités sans nombre, empêchez que les gens de bon sens ne soient les esclaves de ceux qui n'en ont point; la génération naissante nous devra sa raison et sa liberté. >^ Encore à Damilaville, le 28 juillet 1766 : « Si le Platon moderne * voulait, il jouerait un bien plus grand rôle que l'ancien Platon. Je suis persuadé encore une fois qu'on pourrait changer la face des choses. » A d'Alembert, le 30 juillet de la même année : « Je pleure les gens dont on arrache la langue, tandis que vous vous servez de la vôtre pour dire des choses très agréables et très plaisantes. » A Damilaville enfin, quelques jours après, le 25 août : « Tout ce que je puis vous dire aujourd'hui par une voie sûre, c'est que tout est prêt pour l'établissement de la manufacture [une colonie philosophique qui devait s'établir à Clèves]... Des bords du Rhin jusqu'à ceux de l'Obi, Platon trouverait sûreté, encouragement et honneur... Je ne conçois pas ceux qui veulent ramper sous le fanatisme dans un coin de Paris tandis qu'ils pourraient écraser ce monstre. Quoi! ne pourriez-vous pas me fournir seulement deux disciples zélés! Il ny aura donc que les énergumènes qui en trouveront! Je ne demanderais que trois ou quatre années de santé et de vie; ma peur est de mourir avant d'avoir rendu

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