Cf. p. 6 sqq
3. Allusion à un conte de La Fontaine, intitulé la Ctiose imposnble.
n'ont au surplus ni corps ni figure ; et donc la personne du Père et la personne du Fils, purement spirituelles, ont produit la personne de l'Esprit, non moins spirituelle que le Fils et le Père. Voilà dans quel abominable gafimalias s'embrouille le dogme de la Trinité \
Quant à la Transsubstantiation, c'est le suprême effort de la folie humaine, le dernier terme oi^i pouvaient aboutir l'effronterie des moines et l'imbécillité des laïques. Un pain, changé en chair et en fibres, qui conserve le goût du pain; non seulement un dieu dans un pain, mais un dieu substitué à ce pain ; cent mille miettes de pain devenues en un moment autant de dieux, qui ne font d'ailleurs qu'un seul dieu ! Comment de pareilles aberrations ne soulèveraient-elles pas le mépris et le dégoût?^
Credo quia absurdum, déclarent les catholiques; et ils n'ont pas d'autre ressource que de nous dire : « Fermez pieusement les yeux de la raison et adorez de si hauts mystères. » Mais alors, qu'est-ce qui nous empêchera de croire aux plus ridicules thaumaturgies? Tous les imposteurs se sont réclamés de Dieu : qu'est-ce qui nous sauvera de leurs impostures, si nous commençons par nous aveugler •■*?
Les défenseurs du catholicisme ne s'en tiennent même pas là. Si notre rehgion, disent-ils, ne venait pas de Dieu, on ne saurait expliquer que tant de peuples aient adopté des dogmes si contraires à la
1. Extrait des Sentiments de Jean Meslier, XL, 448 s>q(\.\Dict. phil., Trinité, XXXII, 396 sqq.
2. Dict. phil., Eucharistie, XXIX, 262 sqq., TranssubstantiatioUt XXXII, 395, 396.
3. Extrait des Sentiments de J. Meslier, XL, 399 sqq., 449, etc.
raison ^ Cette argumentation est sans cloute fort ingénieuse; elle est encore plus impudente.
Un homme de bon sens doit rejeter le catholicisme non pas seulement pour Fabsurdité de ses dogmes, mais déjà pour leur obscurité. Les théologiens parlent d'un Dieu caché, Deus absconditus. Quelle idée se font-ils donc de TÈtre suprême? Non, Dieu ne se cache point ; Dieu nous a révélé tout ce qui intéresse notre salut. Prétendre qu'il se cache, c'est lui faire injure. Il serait le plus insensé et le plus cruel des Ivrans, s'il nous imposait l'observation de règles qui ne nous fussent pas clairement connues ^ La religion « doit entrer dans le cœur de tous les hommes comme la lumière dans les yeux, sans effort, sans peine, sans pouvoir laisser le moindre doute sur la clarté de cette lumière » [Homélie du pasteur Bourn, XLIV, 377) ^ Libre aux cathohques de dire : Credo quia absurdum; tout homme raisonnable dira justement : non credo quia obscurum.
11 y a contre la religion catholique quelque chose