Dict. phil., Lettres, XXXI
3. Dict. phil., Droit canonique, XXVIII, 487 ; Mariage, XXXI, 128.
pas le divorce; elle séparait les époux, mais ils ne pouvaient contracter un nouveau mariage. Ainsi l'on était, dit Voltaire, à la fois marié et comme veuf; on se trouvait contraint de chercher dans l'adultère les affections ou les plaisirs que le mariage vous refusait '.
A l'égard du sacrilège, il rappelle plus d'une fois l'histoire de Claude Guillon : pressé par la faim, ce malheureux avait, un jour maigre, mangé d'un cheval qui venait d'être tué dans une prairie voisine; les juges le condamnèrent à mort, et le bourreau lui trancha bel et bien la tête ^ Ce qui indigne surtout Voltaire dans les lois sur le sacrilège, c'est la gravité de la peine; car, chez presque tous les peuples catholiques, le vol d'un ciboire ou d'un calice est puni de mort ^ Pourtant il s'attache à distinguer avec précision la culpabilité civile de la culpabilité religieuse, et il veut que l'une relève des tribunaux humains, mais qu'on î'en remette, pour l'autre, à la justice divine*.
Même prédominance de l'Église touchant les fêtes il les jeûnes. 11 se plaint, sur le premier point, que ant de jours soient consacrés à la paresse, ou, le plus ^cuvent, à la débauche, que le travail national dépende lu sacerdoce, et non de la grande police^; et, sur le second, il plaide la cause du paysan, que la loi civile, nise au service de la loi religieuse, empêche de
1. Dict. phiL, Adultère, XXVI, 104 sqq.; le Pt'ix de la Justice t de V Humanité, L, 301, 302.
2. Cf. par exemple le Commentaire des Délits et des Peines, CLU, 448.