Le Prix de la Justice et de V Humanité, L
4. Commentaire des Délits et des Peines, XLII, 434. ■■u Requête aux Magistrats^ XLVI, 433.
manger les œufs pondus par ses poules ou les fr mages pétris de ses mains K
Non seulement la loi religieuse s'assujettit la loi civile, mais on peut dire que l'Eglise fait un corps dans rÉtat, un corps privilégié et affranchi du droit commun.
D'abord, elle a sa juridiction. Voltaire rappelle Tépoque où les clercs usurpaient dans bien des pays les principales charges de la magistrature. Sans doute ces abus ont pris fin; mais les juridictions ecclésiastiques se sont en partie maintenues-. L'an 1758, Joseph P"" de Portugal ayant demandé au pape « la permission de faire juger par son tribunal royal des moines accusés de parricide » , ne put l'obtenir et n'osa passer outre ^. Est-ce que les princes continueront longtemps à s'incliner devant les prétentions du clergé? N'auront-ils pas tôt ou tard le courage de revendiquer leurs prérogatives essentielles?
Ensuite, l'Église possède ses biens propres; et, « selon les principes du droit vulgairement appelé canonique, qui a cherché à faire un Empire dans l'Empire », les biens de l'Église sont sacrés et intangibles, comme « appartenant à la religion », comme « venant de Dieu, non des hommes » [Dici. phil., Droit canonique, XXVIII, 474).
Bien plus, elle ne paie pas l'impôt. Les rois de France ont souvent prétendu l'y soumettre et n'y ont jamais réussi. Tous les cinq ans, à vrai dire, le clergé