‹ Voltaire, philosopheChapitre 78 sur 135 · Cf. Ode sur le Fanatisme · texte numérisé non relu

Cf. Ode sur le Fanatisme

Je sentirais quelque indulgence

Pour un aveugle audacieux

Qui nierait l'utile existence

De l'astre qui brille à mes yeux.

Ignorer ton être suprême,

Grand Dieu, c'est un moindre blasphème

Et moins digne de ton courroux

Que de te croire impitoyable,

De nos malheurs insatiable,

Jaloux, injuste comme nous.

Lorsqu'un dévot atrabilaire,

Nourri de superstition,

A, par cette affreuse chimère.

Corrompu sa religion,

Le voilà stupide et farouche ;

Le fiel découle de sa bouche,

Le Fanatisme arme son bras ;

Et, dans sa piété profonde.

Sa rage immolerait le monde

A son Dieu, qu'il ne connaît pas.

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