‹ Voltaire, philosopheChapitre 79 sur 135 · Traité sur la Tolérance, XLI · texte numérisé non relu

Traité sur la Tolérance, XLI

3. Cf. Homélie sur l'Athéisme : « L'athéisme peut causer quel-

[ais il ne s'agit que de comparer en général Tathée : le théiste. L'athée, disait tout à l'heure Voltaire, évore pour apaiser sa faim, et le fanatique croit lire son devoir en tuant; le théiste, dit-il maintenant, éteste un crime commis dans l'emportement de la assion, et l'athée s'endurcit de plus en plus.

Quand Voltaire déclare l'athée moins dangereux ae le fanatique, il parle de l'athée philosophe. Or,

y a deux catégories d'athées; il n'y a pas seulement ;s athées philosophes ou athées de cabinet, il y a aussi !S athées de cour. Cette distinction est nécessaire our examiner la question posée par Bayle : « Si une Dciété d'athées peut subsister. »

Oui, répond Voltaire, dans le cas où ces athées sont es philosophes. Les athées philosophes mèneront ne vie très tranquille et très sage. Tandis qu'une ^té de jansénistes et de molinistes sera troublée par es querelles souvent sanglantes, une cité de Simoides, de Protagoras, de Spinozas, restera toujours ûme et sage^ Seulement, ne confondons pas les Lhées de cour avec les athées de cabinet. L'athéisme, ui « peut tout au plus laisser subsister les vertus 3ciales dans la tranquille apathie de la vie privée »,

doit porter à tous les crimes dans les orages de la ie publique » {Homélie sur i Athéisme, XLIII, 250). y )uand on n'a aucune crainte, on n'a souvent aucunj crupule. Et du reste, si l'athéisme n'est pas dangeeux chez les athées de cabinet, nous n'en devons pas loins le combattre même chez eux, parce que, de îur cabinet, il se répand parmi les princes et les

uefois autant de mal que les superstitions les plus barbares » '^LIII, 240).

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