Cf. Dict. phiL, Athée, XXVII
îhez lesquels on croie juste d'égorger un ami. Quoijue les règles du bien et du mal varient, en maints jsages, d'un pays à l'autre, le principe essentiel d'où procède la morale reste toujours et partout le même ; ■Qalgré la diversité des races ou des états de civilisaion, tous les les hommes considèrent comme bonnes es choses utiles à la société, comme mauvaises îelles qui lui sont nuisibles.
Locke, niant les idées innées, prétendait que les lifférents peuples se font différentes idées de la jusice. Cette assertion, Voltaire Ta souvent combattue. Du moins, il atteste que certains sentiments d'où Drocède l'institution sociale, comme par exemple la 3ienveillance envers ceux de notre espèce, sont inhérents à tous les êtres humains. Ainsi un homme se sent toujours en disposition de secourir un autre lomme, pourvu que son intérêt n'en souffre pas; le plus féroce des sauvages, encore dégouttant du sang i'un ennemi qu'il va manger, s'attendrit devant les souffrances d'un de ses compagnons et fait son poè^sible pour les adoucir. D'autre part et surtout, le bien de la société détermine chez n'importe quel peuple la règle du juste et de l'injuste. L'adultère peut être autorisé dans tel pays; dans aucun l'on n'estime l'homme qui trahit sa parole ou qui est ingrat envers son bienfaiteur. Et, s'il faut sans doute faire la part des différences relatives à la race, au climat, au degré de culture, ces différences n'empêchent pas que le fond même de la morale, que l'idée du juste et de l'injuste ne soit partout identique ^
1. Loi naturelle, XII. 160; Dict. phil., Athée, XXYII, 165, iS'écessaire, XXXI, 271 ; Traité de Métaph., XXXVIl, 336 sqq.; Elém, de
Aussi bien passons en revue les législateurs des divers peuples depuis l'antiquité la plus reculée.
Zaleucus, qui fut le premier magistrat des Locriens, vivait avant Pythagore. Voici Texorde de ses lois. « On doit maîtriser son âme, la purifier, en écarter tout mal, persuadé que Dieu ne peut être bien servi par les pervers et qu'il ne ressemble point aux misérables mortels qui se laissent toucher par de somptueuses offrandes. La vertu seule et la disposition constante à faire le bien peuvent lui plaire. Qu'on cherche donc à être juste dans ses principes et dans la pratique. Chacun doit craindre ce qui {mène à l'ignominie plus que ce qui conduit à la pauvreté. Il faut regarder comme le meilleur citoyen celui qui abandonne la fortune pour la justice », etc. ; N'est-ce pas là, « le précis de toute morale et de toute rehgion? » (Le Philosophe ignorant^ XLII, 600) ^
Quant à Confucius, sa doctrine se résume dans la règle suivante : « Vis comme en mourant tu voudrais avoir vécu; traite ton prochain comme tu veux qu'il te traite. » Il recommande le souvenir des bienfaits, le pardon des injures; il enseigne la tolérance, Thumilité, le renoncement. « J'ai lu ses livres avec attention, déclare Voltaire : je n'y ai trouvé que la morale la plus pure » (Dict. phiL, Chine, XXVIII, 40) \
Et Zoroastre? Contrairement à Confucius, il établit un culte ridicule ; mais sa morale vaut celle du philosophe chinois. Citerons-nous une de ses maximes? « Quand vous êtes incertain, dit-il, si une action
la Philos, de Newton, XXXVIII, 40 sqq.; le Philosophe ignorant, XLII, 583, 594; Lettre à Frédéric, oct. 1737; LU, 521, 522.