Cf. Essai sur les Mœurs, XV, 121 sqq
2 Cf. DicL phiL, Catéchisme chinois, XXVII, 468.
]u'on vous propose est juste ou injuste, abstenezrous. » Ce seul principe résume toutes les lois et ieut y suppléer. Plus Zoroastre établit de superstiions bizarres en fait de culte, plus la pureté de ses >réceptes montre que la notion du bien et du mal lemeure incorruptible*.
Au xviir siècle, les Japonais étaient considérés ■omme « nos antipodes en morale ». ^lais, dit Volaire, « il n'y a point de pareils antipodes parmi les )puples qui cultivent leur raison ». La seule difïé- Tnce entre la morale des Japonais et celle des Européens, c'est qu'ils défendent de tuer jusqu'aux aniuaux. Leurs principales règles, qu'ils appellent îivines, défendent le mensonge, Tincontinence, le arcin, le meurtre. S'ils ont leurs fables, les nôtres raient-elles mieux? En tout cas leur morale n'est lutre chose que « la loi naturelle réduite en préceptes positifs » (Essai sur les Mœurs, XVII, 366).
^'eut-on s'enquérir des peuples les plus superstiieux qu'ait connus l'antiquité? Les habitants de la Mésopotamie se vantaient d'avoir eu pour législateur la poisson Oannès, brochet de trois pieds de long, à a queue dorée, qui, deux fois par jour, sortait de : Euphratepour leur adresser des exhortations. Or les enseignements d'Oannès ne diffèrent en rien de ceux que nous donnent aujourd'hui les plus sévères moralistes -.
Ainsi la notion de la justice, gravée au cœur de tous les hommes, les unit tous, quelque diversité qu'il y ait entre leurs moeurs et leurs usages respec-
1. Dict. phil.. Juste, XXX, 506; le Philosophe ignorant, XLII, 597. — Cf. les Guèbres, IX. 41.
2 Cf., Zadig, XXXIII, 98 sqq.
tifs, dans une morale universelle dont les principes ne varient point. Certes il est souvent malaisé dt reconnaître le juste de Tinjuste, comme de distinguai le vrai du faux, la santé de la maladie. En toutt chose, les nuances se mêlent et se confondent. Mais, en toute chose aussi, les couleurs tranchantes frappent ToeiP. Qui doute qu'un bienfait ne soit louabk et un outrage répréhensible? Qui voudrait préférer h violence à la douceur, l'hypocrisie à la franchise -?
Nous ne savons pas ce qui se passe dans Sirius oi dans la voie lactée. Pourtant si, dans Sirius, « ur animal sentant et pensant est né d'un père et d'um mère tendres qui aient été occupés de son bonheur » il leur doit, nous pouvons l'affirmer, « autant d'amouj et de soin que nous en devons à nos parents » ; et si dans la voie lactée, quelqu'un rebute les pauvres calomnie le prochain, manque à sa parole, nous sommes bien sûrs qu'il agit mal et que ses congénères en jugent comme nous ■',
Même ici, Voltaire se garde de toute métaphysique Ne lui attribuons pas je ne sais quel idéalisme trans cendantal. L'absolu dont il fait profession ne se rapporte qu'à la race humaine ou à telle autre rac< analogue. Plus d'une fois il a catégoriquement ni< l'existence du bien et du mal par rapport à Dieu e leur existence virtuelle. Les crimes, dit-il, intéres