‹ Voltaire's Zaïre and Épîtres;Chapitre 19 sur 54 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

OROSMAlirE, CORASMIK.

OROSMANE

1215 Ah! c'est trop tôt chercher ce solitaire asile, C'est trop tôt abuser de ma bonté facile.

Et plus j'y pense, ami, moins je puis concevoir Le sujet si caché de tant de désespoir.

Quoi donc! par ma tendresse élevée à l'empire,

12» Dans le sein du bonheur que son âme désire.

Près d'un amant qu'elle aime, et qui brûle à ses pieds, Ses yeux, remplis d'amour, de larmes sont noyés ! Je suis bien indigné de voir tant de caprices! Mais moi-même, après tout, eus-je moins d'injustices?

1225 Ai-je été moins coupable à ses yeux offensés?

Est-ce à moi° de me plaindre? on m'aime°, c'est assez, n me faut expier, par un peu d'indulgence.

De mes transports jaloux l'injurieuse offense.

lâO VOLTAIRE

Je me rends: Je le vois, son cœnr est sans détonreP;6Yjuv..^

La nature naïre anime ses discours. ' ^ ^ m»

Elle est dans l'âge heureux où règne l'innocence;

A sa sincérité je dois ma confiance.

Elle m'aime, sans doute; op, j'ai lu devant toi,

Dans ses yeux attendris, l'amour qu'elle a pour moi;

Et son âme, éprouvant cette ardeur qui me touche, mk

Vingt fois pour me le dire a volé sur sa bouche.

Qui peut avoir un cœur assez traître, assez bas,

Pour montrer tant d'amour et ne le sentir pas?

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