AUTRES TRAVAUX
productions de cette époque étaient bien peu éloignées de la plus entière perfectign.
A côté des travaux assidus de l'histoire, Voltaire se livrait, selon son habitude, à des occupations poétiques, soit du genre sérieux, soit du genre léger. A Potsdam et à Berlin, il écrivit la Loi naturelle, poëme en quatre parties, qui, imprimé seulement quelques années plus tardj a pour objet une religion et une morale dégagées de toute révélation et de toute différence de pays , de mœurs et de lois. Il continua aussi la Pucelle, à laquelle les puissances s'intéressaient si vivement. Le poëte renvoya un secrétaire qui s'était laissé gagner à en livrer une copie au prince Henri. Et bientôt il sut persuader au roi de se priver des services deBaculard d'Arnaud, à peine installé. L'appel flatteur de Frédéric avait étourdi ce jeune homme; il s'opposait à Voltaire qui, d'ailleurs^ n'avait pas pardonné le Soleil levant du poëme royal. Comme il se laissa aller à s'unir avec Fréron, le plus violent ennemi de Voltaire, celui-ci sut exposer ses griefs au roi de telle sorte qu'il y avait à choisir entre lui et d'Arnaud. Pour cette fois, ce fut le dernier qui succomba : Voltaire triompha, sans se douter qu'il n'y avait là qu'un présage du sort qui l'attendait.
Dès le début, d'ailleurs , cet homme si richement doué n'éprouva pas une satisfaction complète de sa nouvelle situation. En décembre 1750 il écrivait déjà à sa nièce une lettre pleine de réticences énigmatiques : « On sait donc à Paris que nous avons joué à Potsdam la Mort de César, que le prince Henri est bon acteur, n'a point d'accent et est très-aimable, et qu'il y a ici du plaisir ? Tout cela est vrai. . . ;