‹ Voltaire: six conférencesChapitre 134 sur 257 · VOLTAIRE PREND LE PARTI DE KŒNIG · texte numérisé non relu

VOLTAIRE PREND LE PARTI DE KŒNIG

et sans valeur. Kœnig renvoya son diplôme de membre de Tacadémie de Berlin, et publia un appel au public, qui ne laissait aucun doute sur son honorabilité dans cette affaire.

La querelle entre Maupertuis et Kœnig n'avait pas, pour Voltaire , un intérêt scientifique ; il regardait , au contraire, de telles discussions , où l'ingérance de la métaphysique embrouille la géométrie, comme de vains jeux de l'esprit. Kœnig, d'ailleurs, ne lui était recommandé ni par sa qualité de disciple de Leibniz, qu'il considérait pour sa part comme un métaphysicien rêveur, ni par sa rupture avec la marquise, qu'il avait en outre, au grand mécontentement de l'ami, détournée de Newton pour Leibniz ; mais tout cela disparut devant son animosité contre Maupertuis, animosité qu'il pouvait satisfaire en prenant dans la lutte parti pour Koônig. Elle avait un côté, d'ailleurs, par lequel elle devait déterminer à cette ligne de conduite ce qu'il y avait de meilleur dans la nature de Voltaire. Kœnig était l'opprimé; la décision de l'académie était, pour ainsi parler, un assassinat juridique, et le futur défenseur des Calas et des de La Barre n'y pouvait pas rester indifférent. Prenant prétexte du scandale soulevé dans le monde savant par cette affaire, il fit paraître dans une revue de cette époque, la Bibliothèque raisonnée, sous ce titre : Réponse d'un académicien de Berlin à un académicien de Paris y un court article où il était dit que le jugement aussi incompétent qu'injuste de l'académie était dû à l'influence de son président sur des membres dépendants, et que plusieurs académiciens quitteraient cette société tyrannisée et déshonorée par le sieur Mau-

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