‹ Voltaire: six conférencesChapitre 133 sur 257 · MAUPERTUIS ET KŒNIG · texte numérisé non relu

MAUPERTUIS ET KŒNIG

demie de Berlin, et dans une lettre du jeune Lessing à son père nous le voyons représenté comme bienfaiteur du premier. C'était certes un admirateur de son président; mais d'autant moins prévenu contre lui par conséquent, il avait mis sa nouvelle loi à Tépreuve, et croyait qu'elle ne supportait pas l'expérience. Il avait écrit là-dessus un traité, et était venu à Berlin, dans l'automne de 1750, pour conférer avec Maupertuis sur cet objet. Mais celui-ci reçut très-mal la contradiction de son ancien protégé et ne voulut pas lire son traité, que Kœnig fit alors imprimer, au printemps suivant, dans les Actes de savants de Leipzig. Comme conclusion, un extrait d'une lettre de Leibniz y était ajouté, montrant que celui-ci avait déjà connu la loi prétendue nouvelle, mais l'avait connue comme n'étant pas suffisante. Maupertuis, qui ne savait rien d'une telle lettre de Leibniz, demanda à Kœnig où il l'avait trouvée. Kœnig n'en possédait qu'une copie, qu'il tenait d'un homme jadis en possession d'une importante collection de tels papiers, mais qui avait été condamné à mort, quelques années auparavant, par les aristocrates bernois. Alors Maupertuis fit faire, par l'intermédiaire de l'ambassadeur français, des recherches dans les papiers confisqués de l'exécuté. Il ne se trouva ni là ni ailleurs nulle trace d'une lettre de Leibniz. La lettre pouvait s'être perdue, les recherches pouvaient n'avoir pas été assez sérieuses : nul n'en savait rien* Mais le président se crut autorisé à porter l'afiaire devant l'académie, et à fixer à Kœnig un terme extrême pour la présentation de la lettre. Le terme passa sans rien apporter , et l'académie conclut, dans sa séance du 13 avril 1752, que le prétendu fragment de Leibniz était faux

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