‹ Voltaire: six conférencesChapitre 189 sur 257 · VOLTAIRE ET JEAN MESLIER · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET JEAN MESLIER

OU du latin; tantôt Tauteur s'appelle docteur Obern ou l'abbé Tilladet ; un jour il emprunte le nom même de lord Brolingbroke,qui, d'après lui, aurait adressé à un de ses amis, peu de temps avant sa mort, le résumé de ses doctrines; la Bible enfin expliquée, qui appartient à ses dernières années, fut donnée comme l'œuvre des aumôniers du roi de Pologne.

On pourrait également croire tout d'abord à une mystification en rencontrant dans la collection des œuvres de Voltaire un Extrait dit Testament du curé Meslier, Cette fois cependant la chose est réelle ; il s'agit bien d'un écrit laissé par le curé du village d'Etrépigny pn Champagne, mort il y avait déjà trente ans. Le manuscrit avait mis longtemps à parvenir à Voltaire. Déjà, en 1735, son ami Thieriot lui en avait annoncé l'existence ; il lui avait alors répondu de Cirey : « Quel est donc ce curé de village dont vous me parlez? Comment! un curé, et un Français aussi philosophe que Locke? Ne pourriez-vous pas m'envoyer le manuscrit? je vous le rendrais fidèlement. » Il ne parait pas que l'ami ait répondu à son désir, mais on ne voit pas bien ce qui a pu l'en empêcher ; en tout cas l'affaire reposa pendant vingt -cinq ans et ne revint à flot qu'en 1762. Voltaire fit alors l'extrait, à propos duquel il écrivit à d'Alembert dans sa manière badine, qui ne pouvait tromper son ami, mais devait égarer ou persifler les violateurs du secret des lettres : « On a imprimé en Hollande le Testament de Jean Meslier; ce n'est qu'un petit extrait du ^^5tom^/^^dececuré. J'ai frémi d'horreur à la lecture. Le témoignage d'un curé qui, en mourant, demande pardon à Dieu d'avoir enseigné le christianisme,

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