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PREMIÈRES RELATIONS AVEC JEAN-JACQUES ROUSSEAU

rain, comme dans le cas présent sur celui de la littérature populaire, un conflit ne peut tarder à naître. Déjà la première rencontre de ces deux hommes avait montré le danger. Rousseau, moins âgé que Voltaire de diic-huit ans, avait été chargé de remanier pour une seconde représentation, à la place de Fauteur occupé à un autre divertissement, celui qui avait été composé par ce dernier pour les noces du Dauphin en février 1745 : néanmoins, à la demande de Rousseau, Voltaire avait donné son adhésion par une lettre gracieuse. Quelques années plus tard, Rousseau écrivit, pour le concours, son célèbre Traité sur Tinfluence des sciences et des arts, où il soutenait le paradoxe que cette influence avait été funeste. Ces vues heurtaient directement la conviction de Voltaire, telle qu'il l'avait exprimée dans le Mondain. Rousseau le savait, comme Voltaire sut dès lors qu'il avait un antipode. Pourtant Rousseau envoya au maître plus âgé son nouvel écrit, comme une marque de respect. Son Traité sur Vorigine de V inégalité parmi les hommes fut appelé par Voltaire, en plaisantant, dans sa réponse de l'été 1755, un « nouveau livre contre le genre humain ». Il invitait d'ailleurs l'auteur à venir rétablir sa santé chancelante près de lui, dans l'air natal, à boire avec lui le lait de ses vaches et brouter ses herbes. L'année suivante il lui écrivit encore que sa retraite ne mériterait le nom de Délices que si elle pouvait le posséder quelquefois. Voltaire dit lui avoir fait une invitation plus pressante en 1759, et lui avoir offert une campagne nommée V Hermitage ; mais cela fut contesté par Rousseau.

Alors, sans parler des affaires de théâtre, s'était encore manifestée une autre cause plus grave de scission entre

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