‹ Voltaire: six conférencesChapitre 229 sur 257 · EMBARRAS FINANCIERS · texte numérisé non relu

EMBARRAS FINANCIERS

convenable, sans être luxueux. Mais l'entretien et le salaire des nombreux serviteurs et ouvriers, et dans les premiers temps surtout, les nombreux visiteurs, toujours richement traités, exigeaient un revenu considérable. En outre, il entrait peu avec ses gens dans le détail des frais ; personne, assure GoUini, n'était plus facile à tromper. Ses revenus étaient élevés, Q est vrai ; il les tirait en partie de ses propriétés, en partie de capitaux placés; car dans ces derniers temps il ne touchait plus rien de ses écrits, mais avait coutume d'abandonner les pièces de théâtre aux acteurs ou actrices, les autres, aux jeunes écrivains dans la gêne. Il exerçait une discrète bienfaisance, surtout dans sa seigneurerie et dans son voisinage. Wagnière nous a conservé le souvenir d'une suite de dons qui passèrent par sos mains. Où ces bienfaits furent le plus sensibles, c'est dans la colonie de Ferney. Elle était déjà florissante, lorsqu'en 1770 des troubles sanglants, qui eurent lieu dans les environs de Genève, obligèrent des familles d'ouvriers à changer de contrée. Voltaire en appela vingt et quelques-unes, leur bâtit des maisons et les soutint par des avances. Mais au moment même où sa colonie nécessitait la bienveillance du pouvoir, et où lui-même avait le plus pressant besoin d'argent disponible, son protecteur, qui était en même temps celui de Ferney, fut éloigné du ministère, et ses revenus lui firent défaut. Le coup de force financier du contrôleur général du Terray lui fit perdre 200,000 livres, déposées à la banque royale, et sur lesquelles il comptait; et bientôt après il ne reçut plus les rentes que devaient lui payer, en retour de sommes prêtées, le duc de Richelieu et le duc Charles de Wurtemberg. On éprouve une fâcheuse

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