‹ Voltaire: six conférencesChapitre 7 sur 257 · A M. E. LITTRE. ^ XIX · texte numérisé non relu

A M. E. LITTRE. ^ XIX

je suis né protestant; j'ai retranché tout ce que les protestants condamnent dans la religion romaine; ensuite j'ai retranché tout ce que les autres religions condamnent dans le protestantisme; il ne m'est resté que Dieu, je l'ai adoré. » Jean-Jacques ici c'est Voltaire, avec la seule différence que ce dernier n'était pas né protestant.

Partout ailleurs il redevient lui-même. Nul ne pouvait à son époque rien décider d'une façon strictement scientifique sur la grave question de la pensée ; force était de s'en tenir à l'hypothèse. Aussi Voltaire attend-il que l'anatomie ait répondu ; il repousse toute solution définitive, parce qu'il manque de toute observation probante. Il s'en tient « à l'expérience bien avérée de tous les hommes et de tous les temps. Cette expérience est que nous marchons par nos pieds et que nous sentons par tout notre corps , que nous voyons par nos yeux, que nous entendons par nos oreilles et que nous pensons par notre tête. »

Depuis lors ce qu'il appelait l'anatomie, et qui est aujourd'hui la biologie, a commencé son œuvre ; le problème est devenu moins obscur, et l'on peut, sans trop de présomption, espérer le voir bientôt résolu dans ce qu'il a d'essentiel. Déjà vous avez reconnu, avec d'autres savants, qu'il n'y a là qu'une propriété spéciale d'un système spécial d'organes, la névrilité, et nul ne doute plus maintenant — j'entends nul qui soit compétent — que la pensée ne soit une propriété de la substance cérébrale.

Vous avez cette fois encore encouru les attaques des

• théologiens et des métaphysiciens; mais qu'ils pleurent,

si bon leur semble, sur l'immatérialité qu'ils s'imaginaient

porter en eux, et qui les mettait au-dessus de la commune

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