‹ Voltaire: six conférencesChapitre 70 sur 257 · TENDANCES DES DRAMES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

TENDANCES DES DRAMES DE VOLTAIRE

jusqu'à cette maxime de l'empereur dans les Guèbres :

Que chacun dans la loi cherche en paix la lumière; Mais la loi de TÉtat est toujours la première....

ces doctrines pénètrent tous ses drames. Mais tandis que dans ses autres pièces elles n'apparaissent que par des sentences dispersées ou des caractères individuels, la première des tragédies traduites par Goethe exprime, rien que par le titre, le Fanatisme ou Mahomet le prophète (d'où Goethe a d'ailleurs retranché le mot fanatisme), qu'elle est remplie de ces tendances, qu'elle n'existe que pour elles. Mahomet, dit Voltaire dans une lettre servant de préface, Mahomet n'est ici autre chose que Tartufe, les armes à la main, et comme Tartufe a fait beaucoup de bien, il est à espérer que Mahomet agira dans le même sens, puisque le temps où ces crimes sont possibles, soit en petit, soit engrand, ne passera pas de longtemps encore. Qu'une telle peinture fasse tort à la personne historique du prophète arabe. Voltaire le concède seulement en ce sens que celui-ci n'a pas triamé précisément l'espèce de trahison qui fait le sujet de la tragédie ; « mais quiconque fait la guerre à son pays et ose la faire au nom de Dieu , n'est-il pas capable de tout? » demande-t-il d'une façon très-caractéristique. Sous l'empire de cette tendance, le Mahomet de Voltaire est devenu une pièce dure, antipathique, que Goethe a cherché en vain à adoucir et à rendre pathétique. La haine du fanatisme et de la religion , qui en est la source, a fait oublier à Voltaire, qui le savait cependant, que l'enthousiasme a toujours été le point de départ des religions, le calcul ne venant qu'en seconde ligne. Son Mahomet n'est,

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