‹ Voltaire: six conférencesChapitre 72 sur 257 · TRAGÉDIES ROMAINES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

TRAGÉDIES ROMAINES DE VOLTAIRE

vaudrait mieux laisser de côté que de le fausser comme Ta fait Voltaire; car, lorsqu'on fait paraître les Erinnyes non pas après, mais avant le meurtre de la mère, et qu'on donne celui-ci même comme un simple accident, que restet-il alors de l'idée primitive de la pièce?

Parmi les tragédies romaines, où Voltaire a voulu se mesurer avec le poëte de Cinna et de Britannicus, Rome sauvée^ celle que son auteur préférait pour le rôle de Cicéron, n'est pas autre chose qu'un drame de collège, c'est-à-dire que si nous faisons abstraction de l'éloquence et de l'énergie de la langue, un habile régent de collège aurait pu amener à une telle forme le produit de ses lectures de Salluste et des Catilmaires, Les Romains du Brutus de Voltaire nous rappellent les tableaux de David : il y a plus d'appareil et de déclamation que de nature et de véritable grandeur. Le Triumvirat^ d'après les déclarations de Voltaire lui-même, fut écrit pour les notes, dans le but de flétrir, par l'exemple des Romains, toutes les proscriptions, surtout celles qui ont pour mobile le fanatisme, et tous leurs auteurs. L'influence du théâtre anglais, qui se manifeste déjà dans Brutus, est encore plus sensible dans la tragédie la Mort de César, qui dès lors prend place dans une autre série.

La Mort de César appartient à ces pièces composées par Voltaire sous l'influence décisive de Shakespeare. Il avait alors l'esprit plein de Jules César ^ comme dUHanilet lorsqu'il fit Sémiram^is , ^Othello au temps de Zaïre ^ de Rom,èo et Juliette à celui de Tancrède, Il y a déjà plus d'un siècle, Lessing a comparé Zaïre et Sém^i^ ram,is à leurs modèles, et je n'y reviendrai pas. Mais il

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