‹ VolutpéChapitre 33 sur 33 · I .„,,. .,Goo>^li · texte numérisé non relu

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ce que personne ne sait bien, et ce que je veux étudier de vous. < Je veux vous dire mBiatenaut l'impresaioa qui m'est restée de cette lecture et dans quel état d'esprit elle m'a laissée pendant plusieurs jours. Faites attention qu'il n'est plus question de juger le roman, qui me paraît sans reproche en tant que roman, c'est-à-dire histoire vraie : je m'en prends maintenant aux idées premières, au choix du sujet, et, en cela, il ne m'a laissé que tristesse et découragement. J'ai cherché longtemps pourquoi, et peut-être l'ai-je enfin trouvé. C'est un livre trop spécial. Il intéressera et charmera tout le monde, mais il ne sera vraiment utile et profitable qu'aux dévoU. C'est nue bien petite fraction du monde intelligent que la fraction catholique, 6t je voudrais qu'une si belle œuvre pOt donner secours à toutes les intelligences. C'est vous dire combien j'estime le livre, et combien je le croirais propre à remuer la société, s'il ne se restreignait dans le cercle particulier de ce qu'on pourrait appeler maintenant en France une coterie. Il est vrai qu'Amaury démontre par des raisonnements excellents et admirables que la grossière volupté des sens est funeste aux hommes intelligents de toutes les religions, que c'est l'homme moral et non pas seulement l'homme pieux qu'elle tue ou flétrit ; mais Amaury, élevé dans la croyance romaine et rentrant dans son sein par un pacte aussi formel que l'ordination, a bien moins de pouvoir sur la foule que vous, Sainte-Beuve, qui n'êtes ni dévot ni prêtre, en auriez, si vous parliez du fond de votre grenier de poëte. Je n'aime point ce séminaire où l'âme agitée va se retremper et se raffermir. Cela est beau dans le poëme, et produit une tristesse solennelle et profonde ; mais voue vous souvenez bien que, quand j'écrivais LUia, je me reprochais amèrement de faire un livre inutile : je craignais môroe qu'il ne fât dangereux, ce qui était une fatuité bien gratuite. Vous n'avez ni l'un ni l'autre de ces reproches à voua faire poor Volupté; mais c'est moi qui vous fais le reproche d'avoir écrit un livre sublime sur un sujet qui an paralyse les effets. Que les antres Cassent ce qu'ils veulent, mais vous, mon ami, il faut que vous fassiez un livre qui change e t qui amélioreles hommes : entendez-vous? Vous le pouvez, donc vous le devez. Ahl d je le pouvais, moi, je relèverais la tête et je n'aurais plus le cœur brisé; mais en vain je cherche une religion ; sera-ce Dieu, sera-ce l'amour, l'amitié, le bien public? Hélas I il me U.

40S APFENDICB.

«mble que mon ftme est organiede ponr recavoir tontes ces empremUs, sins qne l'nneeDiice raDtrfr. Hais trouverai-je jamais un an, oa seulemmt on noiS) dam ma triste vie posr eeotir tout cela sans «mertame, uns donte, sans e&oi?Voy«z hSia. Il y a (tetout, etil n'r ariOD; dans Jacquet, l'amoar est placé sur un autel et rabndgation se- prosterne devant lui, mais le sentiment rdigienv pâlit et s'efllUK. Qui peindra le Jtutt ta! qu'il doit, tel qu'S peut âtfs dam W» de notre eociétéT Tmlà ma grande préoecopation, voïttcs qne je demands aoz bommes de génie et aœc hommes de birai... tPamztvoos pas senti ce qu'est laiiisUce selon le Dîea'detMB t»liommea,eB écrivant ces grandes pages d'Anmupyl K je iB^seMris comme TOUS, si j'avais dans l'esprit' eatt» firôeté qri-maMpiera peub- 6tre toujours à one femme, etoettaeitiDiBtëcwnBcieB Ei e M i ta ctBur qui manqne k pfesque teua ïbb h WMM, je iDodraisls dire et l'enseigner.

« Je m'embamoBe peni ^urnon' eompte, des coakeWd» la cbatr uyoc l'esprit, et, n J'dtaÎB leetOnr seulement, Je wl'étonnerais autant d'Annorf se plaignant dit. trop de pliîiin tmmaias <ioe de Lëlia ddptacant leor absence. J^admels !■ poésie de l'une' et l'kulre inrention, pare» qne tonte «twitmi esceeeive «st poétique; mais Je ne bi' cïoia vfaie que passagèrement. Le lampe, le basanl, mille eirconstanoei néceeraiws su imprévues' altèrent: la singalaritd rigoureuse d'nn oaractère flu d'une organisathmi Le viee d'Amaury me semble bien gnd- TÎssable sans l'aide du obRre'et du serment ilni-mâmesHt le remède lorsqu'il' clieniln le ciet'et )b tem dans Pemoar d'une seule Temme. Si le faaswd la' fin eU piAenléft. H ne- fOt point entré au sémiaûie.fi»'n'eet pw sa bâte* «'e«t cetb' des choses quia faitavortei'ieBnDtatiTw vers'I'anDtR' pur. GeeconAinaisons- malbeuraosec^ leS' dbvoir» ck Pamitié- envet«^ madanie ide Coueia, le- canMAn.nttpatHqiw avec madame B. i^ pandent sur sa (festiaé» an gnod istërt*; maisje'flUB'tadië» çne «et bomme <ébeW d'ail d'mtre 'censolattn qne ceQe d» rËgiise romuna. Btné Bommes'nous' pas tous dësoMs^ — M d'un ex069 d'atlaetanent , id d'os exoès^ de flila ok i uieB t; cnni.^ psr le'rarage' d'me -wb trop émouvante-, cnnc-là par l^moui nie vide d'nm vieirop eompdmée?M. deGossAis» «eneoltilt de laperteidemn- fils, deaa femme et da teutae- sas «pérances; par la cpayanM esthoEque, me chèque. Tout c»

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APPEKDICB. i03

que lui dK inmary «st bimi bean-, mab sommes-noas encore au temps des miracles? Je vous déclare qu'à la place de H.ds Conaën je me bnUerais la cervelle,

< Pour eu revenir A votre Uvr» ( «ar voua voyez que je M vona parie pas de celui-là, mais d'uir anlm qu'il &mt faire^, je vous fbrei le' reproche contraire A cehii qMMfora m'avez fsdt pour L^a. Vous ironvieï le styts trop advirentetkt cbâtid. Sui9-je entrée Aiua un maovtto S]vtème ? Je trouve la vAtre trop peu sévère. Ce n'est |>aB qu'H soit n^ligd ni lâche, tant s'en faut: il est toujeurs ekaud et vigoureux; meis, aeloa met Mâes actuelles, il donne' aocès & trop de mots improfim, à trop dlmage» qui tontes cm sont iras justes, A de» toursurs 3e phrases trop obstinément aiplicatîves. L'tro de ces déftints me semble la conséquence iuévilable'de l'antre. Si vous sentis qne'votre image «st bleu saîâssante, vous n'y reviendriez pas pour l'espliquer. Ce reproche no s'adresse qu'à cvrtaiDes p«^ ties': la plupart du tenpe vous amenez le mot juste, l'image frappante; quel»pieft)i3 c'est tout à côié. fone peux pas souffrrr que I9 mot propre à ndée seulement s'xpplique à Vobjet de comparaison: un pho^iK oibcrur, iib rocfâr aba&rdt ne' na semblent présenter qu'un asBS grotesque. Bt tout auprès <1b cela, il est des images sublimes ; celle du pèleriB> frappant an portes des tnure d'iT<Hre «t tracée et renduetomme Dante, lorsque Dante Umibe'jmte. D'aatre»f<^ trois nm» présentent «ne image AthmisBante de forée et de vérité' : ît ne roulajs dont les ép^er comme It tangKo- qut^OÊete) à la colère. Cent antres dâ ce genre sont talkment bdlee que persenne ne les trouverait: centaatnB sont si escessives etsî obscures qn'oQ les croirait ajoutée» par «ne' autre main. ■foqnez-TouS'dO'inai à TOUS me trouvez pédante, et, si voustFouvexqee monstjto est devenu trop sec, dites>le-raoi aussi en vns .eijdiqaant «omrae j'essaye ^m'enpHqnerevec vom. No» gagnertms l'im et l'autre A commentar-me avis divers, ef nousot proflterow lu moins qtn^qne- pen.

t Cest dans lu partie Ipn'gw de VofujtM, dBw les beaux ebepitTM à la manière desaiat Angusfin, qae je -trouve, l&plae ées dérauts que je vous pe|>roGtie^ h troBvesussi oseclwpitrM tmp longs et trop souvent ramenés, le sais qulls fimt le poëme clair et le caractère principal complet; Je sâs qu'ils .sont beaux par eus-roémes ; je sais encore que cette différente

Hl APPENDICE,

manière de dire qu'on y remarque el qui fait contraste avec la clarté coulanle du récit ( la pureté et la force des passages politiques établissent une troisième manidre, très-remarquable snssi), je sais, dis-je, que ce style abondant, onclueus et souvent incorrect et singulier, des réflexions, jette sur le reste un grand efiét de réalité : mais c'est un cadre un peu rembruni et qnî devient morne à force de persévérance dans les idées. C'est une paraphrase où les images sont trop forcées d'abonder pour couvrir la fixité de la pensée. Ce défaut est bien plus prononcé dans Lilia, et j'ai remarqué que l'image de la mer, de la barque et des rochers, y était habillée de trente-cinq ou quarante manières différentes. Calme, tempête, écueils, phares, écume des flots, cela devient fort insipide, et cette peinture de marine doit sortir par les yeux.

« Je vous répète peut-être ce que les journaux vous ont déjà dit beaucoup mieux que moi. Je vous en demande pardon : je suis devenue aussi peu littéraire qu'une ouat'2e(on dit ainsi dans notre patois pour dire un mouton). Je vous dis ce que je pense, et vous prie de jeter ma lettre au feu, et de me garder le secret sur l'impertinence que j'ai de vous l'écrire. Je crois que vous êtes la première et la seule personne i qui j'ai dit ou veuille dire tout ce que je pense desoo œuvre;j'aimebieo mieux louer sans réserve ce que je trouve mauvais, ou condamner sans examen ce qui me déplaît : c'est bien plus commode i mus comme née observations critiques consistent en cinq 01^ six mots confiés à cinq ou six personnes, mes perfidies ou mes injustices ont peu de conséquence. Sachez-moi quelque gré d'avoir osé vous parier de vous sans craindre d'être ridicule, vous blâmer sans craindre de vous oEFeoser, et vous louer Bans craindre de vous faire révoquer ma sincérité en doate...*

■ Adieu, mon ami ; pnissiez-vons trouver, après tous les tourments de la jeunesse, cette sérénité qui i^ne dans les dernières pages de Toktptéi Dites-nous votre secret; car enfin vous n'êtes pas préire 1 Hoi, je suis tranquille aussi, mais le calme des morts ne profite pas aux vivants. Je vous ai écrit deux ou trois fois de Venise, et une fois entre autres une énorme lettre : j'ai tout jeti an (ea. Je n'ai jamais eu la force de parler de mes chagrins, mtme à vous, mon oKcelleat ami. « Tout à vous,

« GaowiB. ■

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Il me reste à donner, sur un point du roman, un éclaircissement assez curieus dont j'ai été le premier k amener l'occasion et que j'ai moi-même provoqué. Dans un article sur l'abbé Lacordaire [au tome I" des Causeries du Lundi), à propos de l'impression de calme et d'apaisement qu'il ressentit en entrant au séminaire : a Je pourrais, disais-je, citer de lui là-dessus des pages charmantes, poétiques, écrites pour un ami et placées dans un livre où on ne s'aviserait guère de les démêler, i Le Père Bernard Ghocarne, dominicain, a'occupant d'une Notice biographique sur Lacordaire, m'écrivit du désert de la Sainte-Baume pour me demander quelles étaient ces pages qu'il aimerait à connaître, et dans quel livre il pourrait les trouver. Sur quoi je lui fis cette réponse :

■ Ce 26 jaDTier ISSS.

« monsieur et Bëvërend Père, j'ai en effet beaucoup conuu le Père Lacordaire, surtout alors qu'il n'ëtait qu'abM et dès 1830 ou 1831. Il était tel que je l'ai décrit et représenté dans ce portrait, modeste, éloquent dès qu'il parlait, et d'une ferveur qui se trahissait dans ses moindres paroles. Il était lié alors avec H. de La Hennais, et l'on ne songeait point encore à l'en distinguer par aucune nuance. Lorsque je Bs le roman de Tolupli, qui, au vrai, n'est pas précisément un roman, et où j'ai mis le plus que j'ai pu de mon ot}3ervaiion et même de mon expérience, j'avais euicependant à inventer une conclusion, et je voulais qu'elle parût aussi vraie et aussi réelle que le reste. Ayant à conduire mon personnage au séminaire, je m'adressai à l'abbé Lacordaire pour qu'il voulût bien me donner des renseignements. Il m'offrit do me conduire luimême au séminaire d'Issy; et en effet, un mercredi d'été, il vint me prendre, accompagné de son frère (actuellement professeur à l'Université de Liège), et nous nous acheminâmes à travers la plaine de Hontrouge jusqu'à Issy. C'était jour de congé, et nous pûmes tout visiter. Le lendemain je me dispo- ' sais à noter tout ce que j'avais vu de remarquable et i. profiter

dee observalions de mon guida, lorsque je reças de lui lue longue lettre par laquelle il allait auntevant et au delà de mon: ■ désir, et achevait de complâter mes instructions de la vûlle. C'était un compte rendu exact et minutieux de tous les eiercices du séminaire, et ce compte rendu était relevé de traits d'imagination comme sa plume en faisait jaillir inévitablement devaut elle. Je n'eus donc, pour ce chapitre de yolupfé qui doit commencer par ces mots :(£n entrant an sAmnaire. etc.,* qu'à reprendre les paroles mêmes de l'abbë Lacordaire et h les faire entrer da.ns le tissu de mon récit, en y changeant on en 7 adaptant c^ et là quelques particularités et en opérant les soudures. L'abbé Lacordaire m'avait recommandé alors la discrétion sur ce genre de communication ; liH^ue le livre M terminé, publié, et qu'il eu eut fait la lecture, il trouva qu'an total les convenances morales et même ecclésiastiques [puisque le récit est censé fait par la bouche d'un prêtre) avaient été suffisamment observées,... >

Quoiqu'il puisse sembler que f aie tout dît et que je l'aie cru moi-même, je ne puis cependant m'empCcher de donner encore, un exlrail d'une lettre ou plut« d'm véritable mémoire adressé par le marquis Aynard de U Tour du Pin (mort depuis colonel] à une femme de ses amies qui n'était point de son avis sur Volvpté, et qui avait trouvé le roman ausi singulièrement écrit q^ue peu amusant. Je saisis par là même l'oecasion de dire un mot de ce caractère original, de cette nature élevée, de <x cœur intrépide, héroïque, qui avait nom La Tour du Pin, et que toute l'armée a bien connu pendant vingt ans dans les expéditions f Afrique et en dernier lieu dans la caniK pagne de Crimée. Né d'une Emilie des plus qualifiées parmi la noblesse, Aynard de La Tour du Pin avait riatelligeuce active d'un prolétaire généreux, l'âme poDO- .

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APPBNDICB. 407

laire du républicain le plus avancé, et il y joignait une bravoure chevaleresque, digne des anciens preux. Pouvant choisir toui d'abord entre les plaisirs et l'opulence à Paris ou les privations et les fatigues au bivouac, il avait embrassé ardemment les misères de la vie de soldat. Affligé de bonne heure d'une surdité qui lui ren> dait toute communication orale trës-difiicile, arrêté par là dans la' carrière du commandement, il n'en poursuivait pas moins par goût, par mépris de la vie et du péril, par une aorte d'ftprelé insatiable de désir, sa vocation militaire sans but, ponr elle-même, sans autre jouissance que de combattre au premier rang en volontaire, d'être le premier en toute rencontre à affronter les balles qu'il n'entendait plus siffler. Toujoucs en tête, aux avantpostes, il n'y avait pas d'escarmouche ni de boute-selle matina! sans lui : doué du coup d'ceil militaire, mais s' aventurant dans les charges comme un simple cavalier, voltigeant çà et lit, n'entendant pas le rappel, remarquable entre tous par son cornet en bandoulière, avec cela Irés-myope et portant besicles, les Arabes avaient appris h le distinguer de prés et ne connaissaient que lui. Possesseur d'une grande fortune, il la consacrait tout entiène h des œuvres de philanthropie et de bienfaisaucf^ servant des pensions & quantité de malheureux et d'honnêtes gens pauvres, de veuves on d'orphelins de soldats, dont il assurait l'éducation on soutenait l'existence. Tout ce qu'on appelle envie, amour-propre, ambition personnelle, désir de faire effet, était loin de lut Cet ami de Ballanche, de Jean Reynaud et de Pierre Leroux, et qui IWait en même temps des Changamier et des Cavaignac, se plaisait à mêler aux émotions et aux rudesses du métier de la guerre la méditation de tous les problèmes moraux et esthétiques ^ue le dix-neuvième siècle avait

posés. C'est ainsi qu'il me fit l'honneur de s'occuper longuement du roman de Volupté; voici les principaux passages de la lettre ou dissertation qu'il écrivait de la lerre d'Airiqne en octobre 1834 :

■ J'ai bien de la peine A aborder avec vous le sujet de Volupté. C'est une œuvre sur laquelle il est bien difficile de dire ses idées. L'analyse de cette subtile analyse devient une quintessence dans laquelle on sent que l'on s'évaporerait. En présence de celte abondance intarissable, de cette variété merveilleuse, de cette source d'où s'échappent avec tant d'effusion et de bouillonnement des eaux si éblouissantes, si diversement colorées, si finement divisées en minces et brillants filets qui vont se mêlant, se séparant, fuyant et se retrouvant sans cesse, qui coulent tous, il est vrai, sous une certaine unité de lumière et comme sous un même regard d'un soleil couchant, mais en en absorbant chacun un rayon différent, on se sent comme en face d'une tâche imposée par les Fées, comme si on avait à démêler des amas de fîls si ténus qu'il en faudrait dix pour faire le cheveu le plus fin d'une belle télé de femme blonde. On ne sait par où commencer, et si l'on se met à l'œuvre, on est bientôt pris de découragement, car les Bis magiques, dès qu'on les touche, se cassent sous les doigts et souvelit sans qu'on les sente...

• Dne autre cause de gène pour moi, toutes les fois que j'ai eu envie d'en venir dans mes lettres à ce sujet, c'est la prévention que vous semblez avoir prise dès l'abord contre ce pauvre livre; vous ne pouvez lui pardonner de vous avoir ennuyée. J'espérais qu'à travers votre souvenir, les difficultés de lecture, les excessives mollesses de pensées et d'expressions, tout ce qu'il y a de pénible et d'épineux ou de trop dilaté et de surabondant, enSn toutes les matières lourdes et peu coulantes, dont l'impression générale de Fotupl^est chargée et troublée, se déposeraient peu k peu et laisseraient dans votre tôle l'image définitive, pure, clarifiée et sous un doux reflet. J'ai donc été tout désappointé par votre dernière lettre en y voyant que le travail de voire mémoire avait donné un produit tout différent. J'attendais que votre opinion, amollie

.,C(X)>^li:

par le temps, fU & point pour recevoir une nouvelle impres* siou, et j'espérais alors obtenir de vous une nouvelle lecture au moins partielle ; car vous avez beau dire, je ne puis croire que vous ne vous soyez pas trompa vis-à-vis de vous-même-. l'aurais commandé un roman pour vous, que je n'aurais pas demandé une autre manière, au moins pour tout ce qui est Bentîmeot et couleur. Vous voyez que, si je- vous ai avoué quelque part que je ne pouvais boire Volupté qu'à petites doses, ce n'est nullement, comme dans votre lettre vous t'induisez de mes paroles, parce que l'ennui m'aurait pris à la gorge et serré le gosier; mais je trouve qu'une fois que l'on a porté cette coupe i ses lèvres, sa liqueur arrive trop abondante, trop & flots et trop nourrie..,. Il faut donc ne la laisser arriver que goutte à goutte, chacune contenant assez de nuances de couleur et de saveur pour être examinée d'abord et puis dégusl^ isolément. Toutefois je reconnais que vos jugements ont leur racine dans le vrai : mais, selon moi, ils ont poussé leur développement au delà du juste, prenant le plus petit germe mauvais pour le reproduire avec ampleur et mettant dans l'ombre les belles qualités tout écloses. Ce qu'il y a de désolant pour celui qui aime avec prosélytisme le style de Sainte-Beuve, c'est qu'il a plutôt du charme que de la beauté, quelque chose qui se sent et ne se démontre pas. Le genre d'estime qu'il peut mériter s'accepte, mais ne s'impose point. Ce qui fait surtout le caractère, la couleur et la po^ie du etyle, tout ce qui peut se comprendre sous la désignation de iropes chez beaucoup d'écrivains, découle do l'intelligence : l'imagination ne fait que jeter ses reflets sur des déductions loi^ques, ou si c'est elle qui fournit les premiers matériaux, ils sont aussitôt passés au crible, vérifiés et coordonnés par l'intelligence. C'est à peu près la méthode de la musique française, dans laquelle l'invention n'est qu'une expérience plus profonde et plus délicate des sons divers que les diverses passions font jaillir de l'organisation humaine prise dans se généralité la plus extérieure, une extension et comme un renflement de la langue ordinaire... Ce style-l& est peut-être le seul qui soit susceptible de réunir tous les caractères du beau, et surtout celui de la généralité ; il n'a pas à en appeler, pour se faire reconnaître, à des spécialités d'organisation, à des particularités de conscience} il peut marcher flèrement, et avec la cer> ooglc

titude du nccÂa parce qu'il s'appuie sur la raiEoa, qoi ai aussi le soutien et le fond de teuta nature humaine. D'autres liltérateurt, et Sainte-Beuve est de ce nombre, quoique leurs. bcultés ne soient pas inoindrea, s'avancent d'une allure moins ferme vers un but moins assuré. Us ne peuvent, ainsi que lespremiers, aller comme de hardis moissonneurs, sûra de la. rricolte, parce qu'ils ont semé sur la raison-. Eux, ce sontde» semeurs jetant à tout hasard des graines qui ne peuvent lever partout où elles tomberont, et auxquelles il faut un sol ana* logue à celui d'où primitivement elles proviennent : mais oatelles rencontré ce sol, elles y enfoncent bien profondément leurs racines. Eux, pour pénétrer de leur pensée l'esprit des autrafi, ne la travaillent pas par des maniemenie logiqueaxivû doivent la plier à roi^niaa^on néceasairement logique de toute télé pensante ; ils ne la moulent pas sur une forme extérieure devant être nécessairament perçue par toute oijanisation & son état normal. Ce n'est même pas sur leur pensée iju'ila agissent directement, mais sur l'âme de leur lecteur, <pi'ijst cherchent à transporter dans une situation telle que natnrellemont et d'elle-même elle produise la pensée de l'auUur, an lieu de ia recevoir. Aiusi, ils ne se laissent pas guider pu des analogies plus simples appanûssant avec évidence dans le champ de l'expérience sous la lumière de la raison, mais par des analogies d'impressions, par des associations rapides, fortuites et multiples, variables de personne h personne; car una même dispositioa intime comme effet peut supposer une multitude de causes diSérent«B.... Quand on pense sans aligner sa pensée par l'attention et la réflexion, quand on se laisse penser, souvent las idées arrivent sa milieu d'un cortège d'imagea qui intrinsèquement Leur sonl tout à fait étrangères, d'idéa venmt à poindre au-dessus de l'horizoD de l'esprit, certaines figures surissent en même temps conmie des ténèbres, ainsi qu'au moment ou le soleil levant déborde la montagne, les objets de la vallée semblent tout & coup sortir de terne, qadqus entre l'existence de ces objets et le soleil il n'y ait aucun rapport nécessaire. C'est à ces figures magiques de nature contingente par rapport à l'idée et, pour ainsi dire, de hasard, quoique en réalité il n'y ait pis de huard dans ce monde, que Sainte-Beuve emprunte les groupes d'images, les tons, les effets de lumière, les omeorata. les décorations, panai les-

qaela il promène ses lecteurs pour les sollicitera produire m pensée. Celte pensés, ntrementilen accouche, mais ilohercfae à en Kcoacher les autres ; il ne donne presque jernais son clermeF mot; il semble' i|De son idéo «oit un mystère que je se sais quelle pudeur retienne aa bord de stui loie et de sm lèvres, qu'il ne peut bo résoudre- Alddter, mais qu'il vous prie et voDB siqiplie de deviuw et de prononcer k sa place. Mais pour d>leQir cette Ëiveur, comme il est doux, careseant et mélancoliquet On dirait uoe de cesOn^reB qui attendant leur déliTrance de l'accompliseement par les vtTaota d'un eertiûn lite, Mais sang pouvoir le demander autrement que par leur préeenee et leurs gémisGeraBBte.-CeUe habitude de tourner la pensée au lieu de l'attaqoer de front, de décrire les drconstancag qui ont accompagné sa naissanee dans l'esprit de l'auteur, au lieu de ta limiter et de la préciser etemôme; d'être 16 à la porte de l'iotelligence des autres comme leur demandant rauotdne de la pensée dont an effet on les enrichit, cette hafcitude donne lieu à de Tréquents mécomptes. Souveot, loreqt^o» se laisse aller à cette moltesse, à ceUe c<Hn()laiseno» «veiB Bov-mtoie et envers sa rAvene, n» gênent pas le soin ée dégager sa pensée des images' fortuites qui dansent autour d'elle ou Itri fbot cortège, et trop confient dans l'accord et la Gonfïmiité de l'esprit des autre» aveo le «en propre, souvrat A arrive que les mêmes aceessoir«s amènent en exa on sujet tout difiércBt et quelquefois tout opposé... Vais aussi quand il tombe Juste, comme il est ssàùssent I comme il enveloppe f bomne d'un réseaudoat diaqne Bl étreint une de ses facultés nos qu'aucune y échappe I... Ce n'est paBseuloment uns idée, ce n'est pas quelque chose d'ahetrait qull dessine en vous, Cest nn point profond et oentral de votre imtividualitâ qu'il « tanidié. Du haut de cette idée parlienlière, comme du sonutiet d'une mimtagne, il arrive alors que )» rideau de vapeur qui semUeit vous s^rer de )a terre se cMcbire et s'enlr'ouvre, et dans l'intervalle das lend)eaux tMtantB voas »ms tout à coup des échappées, des perspeolïvee irinintaurvona-mème etsur , tolre passé ; pour peu qne vous ayes assez de symintiiie pour '' Paateur, assez de fibres vSmnit Jt l'uinssM des sieineB, vona asmstez avec harmonie à loet on ordre émoaviBt ik phénomènes, relevant de la sensibilité et de In cencieDce individuelle.... Vous savez gré à l'auleirdo tsob avoir deviné, de

Ui APPEIfDIOB.

vous avoir évité et Tennui de rester dans l'obecuritë et dans le vague, et celui de voua ^airer< de vous dëQnir vous-même; vous Atea prâl à ie remercier de ce qu'il voua a tiré par un coup de son art de la confusion et de la brume dans laquelle vous restiez enveloppé vis-à-vis de vous-m£me; c'est bien vous que vous apercevez, mais réfléchi dans un miroir magique, où vous recevez nne plus belle lumière et de surnaturelies couleurs, mais embelli par votre accord avec une autre âme. Lors même que les traces par lesquelles l'auteur vous conduit à son idée diffèrent entièrement de celtes que vous auriez prises pour arriver au même but, cependant vous ne restez pas étranger à sa tâche : vous cheminez avec lui ; vous êtes entraîné à vous associer à son travail, et vos communier Uonsavecvotre guida prennent un caractère d'intimité sérieuse et de noble conGance qui rappelle les entretiens des Ombres beurausea dans les champs Élysées, lorsque, d'un regard qui sait tout pénétrer et d'une parole qui ne peut plus tromper, elles retrouvent et dépeignent les traces qu'elles ont empreintes sur ta poussière de la terre. C'est dans cette spbère d'impressions intimes, d'hallucinations saisies au passage et fixées par la parole; d'apparitions prises Bur le fait et traduites aussilêt enfermes plus palpables, quoique toujours aériennes,.. ■ c'est dans ces régions un peu vagues, molles, et oii l'air est trop raréfié, que Sainte-Beuve prend ses métaphores, ses comparaisons, le principe de ses expressions, enBn tout un style. il faut donc se faire à sa manière d'être pour la goûter : il faat accoter son point de vue pour saisir ses perspectives.... Ce n'est pas là certainement un genre que je choisirais ni que j'affectionne : je ne lui trouve pas assez' de largeur ni de généralité; il demande trop, dans le lecteur, ou une organisation ou une volonté spéciale, une sorte d'initiation soit naturelle, soit acquise ; mais Je ne puis m'empâcher de trouver que cd genre tel qu'il est a été traité supérieurement par Sainte-Beuve, et que cette fois il y a été adapté un si^et qui est un bonheur pour sa manière de faire, et poar lequel cette manière de faire est un bonheur. Je ne puis rien concevoir de plus riche, de plus abondant, de plus soyeux et de plus fécond en ressourcfs que le style de Volupté. Même en le prenant pour ce qu'il est, on peut cependant blâmer son mécanisme ; il y a dans l'encbalnement des phrases, dans leur coupe, dans leur mouve-

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APPEHDICB. 413

ment quelque chose d'un peu embarrassé et traînant, une daimoltura qui ne peut être une grâce qu'à la condition d'être une nécessité de naissance ou d'habitude. Ici c'est évidetnment une imitation du style en négligé des premiers temps de Loais XIV, de Voiture, Saint- Ëvremond et autres, dont la flIiatioB ne va guère au delà de madame de Sévigné. Quant ans autres défauts, je les crois naturels à l'auteur : ce qu'il a d'ingénieux et même de prétentieux coule avec ime certaine natreté qui me fait croire que c'est de source : malgré de nombreux reflets du mysticisme dialectique du seizième siècle, il y a des pages sur l'amour que j'aurais attribuées à saint François de Sales, des dissertations d'une exquise subtilité et pourtant d'une onction charmante et d'une suflisante limpidité, qui rappellent la correspondance de Fénelon et de madame Guyon. Les expressions cependant sont presque toutes ori^nales : à elles sont empruntées au génie de la langue avant eea derniëres formations, je croîs qu'elles ne viennent jamais d'une copie aerviie, mais d'une libre imitation. Elles sont quelquefois à demi obscures comme se rattachant à des rapports pen nécessaires et peu logiques, ainsi que j'ai déjà cherché à l'expliquer, comme déroutant l'habitude que l'on a d'en appeler pIubAt à sa raison qu'à son sentiment; mais quand on s'abandonne sans résistance volontaire à leur effet, qu'on se laisse taire naïvement, elles révèlent tout un monde. Il y a d'ailleurs dans l'ouvrage une foule de beautés qui me semblent au-dessus des nécessités de l'apologie et hors de contestation. le suis presque certain que vous les admireriez vous-même, si on vous les dégageait de ce qui vous lasse et vous dégoûte. Un modèle dans ce genre d'associations d'idées, d'images et surlont d'impressions, que je crois la source de ce style, c'est une sorte de longue comparaison entre madame de Couaëa et un grand lac : ft cette large image comme à leur principe remontent toutes les expressions, similitudes et métaphores relatives à madame de CouaSn : toutes elles ont été trempées et amollies dans ces eaux mëlaucoliques ; l'inQuence de ce paysage plane sur l'esprit et l'imagination de l'auteur toutes les fois qu'il parle de madame de Couaên. La création même de cette femme me parait une œuvre d'une beauté hante et rare, et qui n'a aucun modËle dans la littérature antérieure. On voit l'auleur n'employer presque dans sa peinture quedes demi-teintes, que

*i4 APPENDICE.

des toDS dont on ne saurait dire la conleur, etceputdant Te»semble a de rexpression, du mauTeraent, de la vie et mdoie de la solidité. A chaque inatanl sa tencoBtrast de ces traita, presque iadifférents en apparence, et qui soat te signfr révélateur de toute uiw bce de l'âmei de oee mots qui d'aboid semblent vulgaires, et ipù sont le cri de la conscience ae ce»fessant tout entière. Cae circonslanceB si inapercees i un pr»nùer coup d'ceil, et cependant à pralondénnDt significatÎTe^ souvent je ne puis croire que l'auteur les ak senties on den^ nées par l'aciion de sa spontanéité : je suis toité de peiuar qu'il les doit à l'expérience ou à des confidences de l'inUnités je suis au moment de lui crier : tQitite ^a diff^ » Dans le style aussi, je retrouve des dëlicatesses inâuee, CArraspondaiit aux iu&Dies euances de l'obsenralJon ; une flexibilité proi^ gieuse et une aboadance calme et silenûeuse, mais IntariBsable, rappelant ces fontaines & la surfïce immobile, twnM BOUS l'ombrage des grands aibres et que l'on eielL deveir épuiser d'uoe seule urne : mida l'eau, sass se troiifalaB, aau bnuillonnar, conserve son niveau toujeur» rsnonvrié aa fond, ■an par Jets, mais par ripanouiasements larfta et ^;aiK.; to» jours plus Iralcboi plus pure et plus lin^ûde. Les irm^jin dau Sainte-Beuve se succédait trop praeeées, trop nombroMBi, mais elles se groupent bien autour de sa pensée, et la dernièn presque toujours forme lui beau oonroanement à l'étapnMtiC de celles qui la précÀdent et la scuiiuinent. Chaque pagt presque contient un tableau calme, gracisux et ausûre dma le genre du Poussin. On songe à la belle ti grare Bebecca «itonrée de ses compagnes près de la fontaine..

« Je voulais, peudaat que je lisais, annoter ces penaitoa A tableaux a mesura qu'ils se prâsentaientrafin dévoua en transcrire quelques-ans dans la lettre où je comptais vous paiiei de Volupté, mais il en airivait en si grande foule qae j'ii renoncé à la lâche. II y a par chaque page pluaieun de ce» phrases qu'on retiendrait comme une image ou comme unemaxime. Je m'arrête, car je crains de voua ennuyée, eu vtalent vous persuader que voua avez eu tort de vous eonayer.». J'aurais bien voulu cependant vous engager à relire des fn^ nenUde KoIuptf/(28 octobre 183i; Bongie.|»

AFPENDTCB. 4IS

la yèritë m'oblige à dire tpie, m^gré le lèle et l'excesHve ingéniosité d'arguments dont il faisait preuve dans sa dissertation, M, de La Tour du Pin ne parvînt pas à ramener la lectrice récalcitrante, et qui sans doute en re^^entait elle-même lute qiunlité d'autres k qui ce genre «t ce tonr d'esprit et d'imagination n'allaient pas : Q se vit forcé de céder du ternlin et de baisser le ton, comme cela est sensible dans la lettre suivante :

a ...Voyez comme j'ai réussi I Dans une de vos dernièreB lettres encore vous Reproduisiez sans rétractation votre premiar jugement j vous répëtien que c'est un ouvrage ir pâle et mal écrit. « En vârîté, j'aurais voulu que vous en relussiez des morceaux détachés, et par conséquent abstraits de ce que l'maemble peut avoir d'ennuyeux. Je passe jusqu'à un certain point l'expression de ■ mal écrit, > quoiqu'elle ne rende pas bien mon idée. Je trouve aussi que le mécanisme du style, que la coupe et l'enchaînement des phrases sont peu agréables, au moins pour mon goût, et que les formes du discours, d'ailleurs naïves, et relevées par une cectaine saveur des anciens jours et des bons, manquent de cette netteté, de cette rapidité qui, depuis les auteurs de la fin du diMeptième siècle et du oommmcemoit du diK-bnitièma, sont devenues qualités essentielles du génie de la langue française. Hais pourquoi ce mot pâlef La lumière, il est vrai, est un peu diffuse; elle n'est pas assez ménagée; elle n'est pas répartie avec assez d'babilelë : mais elle esiste;elle répand sur l'ensemble une clarté douce et uniforme, fait régner partout un jour crépusculaire qui ne manque pas d'harmonie. Les figures aussi ont peu de relief; mais elles eont groupées avec charme, dessinées par des contours suaves et gracieux, et posées dans des paysages pleins d'ombrages mystérieux et de fleurs sans nom, telles qu'on en voit dans les rêves, et qui de leurs calices intelligents laissent échapper des parfums étranges et d'ineffables mélodies.... Ce n'est certes pas là l'œuvre d'un coloriste, et pourtant on iie peut employer à ce sujet l'expression de pâleur. D'ailleurs, je pense vous avoir dit sur Volttplé tout ce que je puis en dire ; je ne ferais plus que me répéter. Il y a cependant dans votre lettre une erreur

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«s APPENDICE,

de fait que je vais encore relever. Vous croyez qae les journaux ont pea ou point parlé de Vohiplé, en ont fait peu ou point d'ëloges. Je lis ici le National, le Temps, le Constitn- (tontiel, les Revues Eru^clopidique da Deux Mondes, du Pngris axial; tous ces journaux, auxquels je pourrais peut-4tra joindre la Gazette, dont je ne me rappelle pas bien nettement l'article, ont parlé avec des développements inaccoutumés de l'ouvrage de Sainle-Beuve. H n'ont pas, il est vrai, jeté aux vents quelques notes de la trompette triomphale, comme lorS' qu'il s'agit de ce qu'on appelle un grand succès de librairie; mais ils ont discouru sur ce livre avec une conscience, une attention, un sérieui, dont ils ne se mettent pas en frais pour tout le monde. Le ComtUutiomut lui-même, ce journal de la littérature impériale, et qui pousse jusqu'à l'extravagance la plus puérile sa haine contre toutes les productions nouvelles, a été obligé cette fois d'avouer non pas son goût, mais son estime pour un pareil talent. Tous, avec des nnances trèsvariées et des gradations diverses vers l'admiration, ont porté à peu près le mSme jugement.... ■

Le résultat le plus clair de tout cela, c'est que je n'ai nullement eu k me plaindre de mes contemporains : si je n'ai pas toujours été approuvé, je puis dire du moins que j'ai été bien la.

- Iiqg. I. Cuiawm cl V, Bniu», nt da PoiteTiu, f .

KjiiiiPrt b, Goo<^lc

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