LXIV. LE MONT PARNASSE
l'injonction de Xotre-Seigneur : « Veillez, parce que vous ne savez ni le jour ni iheure, »^ c'est-à-dire : vivez habituellement en état de grâce, et ainsi, soyez prêts à mourir.
Pour le reste, un chrétien se trouve avoir les mêmes intérêts qu'un homme ordinaire : il gagne et dépense de l'argent, il voyage, lit des journaux et des livres, il se fait des amis, il se marie, a des enfants et les enterre, ou bien, selon le cas, est enterré par eux. Mais dans toutes ces choses, il suivra, autant quele permetlafragilité humaine, la règle de celui qui gravit une montagne. La règle est : « Gardez votre hauteur, » ne gravissez pas une pente d'où il vous faudrait descendre ensuite, si vous voulez atteindre le sommet de la montagne. Ainsi, le chrétien ne doit pas poursuivre un intérêt mondain de manière à être obligé de se repentir un jour de l'avoir fait, et par suite de descendre de ce point, s'il veut poursuivre son ascension vers le royaume des cieux. Il essaie au contraire de faire de chaque occupation présente un pas en avant dans la grâce et dans le chemin du ciel. De cette manière, il « gardera sa hauteur », et tous ses travaux, même ceux qui se rapportent aux intérêts de la terre, lui serviiont pour réternité.
(1) Math. XXV. 13.