LXV. PURGATOIRE
se plaisent quelquefois ici-bas. Ainsi, ces saintes âmes sont toujours « gementes et /lentes », « gémissant et pleurant » pour leur délivrance.
Nous ne devons pas penser légèrement du Purgatoire, ni être abattus non plus par cette pensée. A tout prendre les âmes sont là mieux que nous, dans un état supérieui-; elles sont plus près du ciel, confirmées en grâce, sûres de leur salut; l'épreuve de la foi est finie pour elles; elles ont vu leur Sauveur et ne sauraient commettre le plus petit péché. Leur patience est encore plus admirable que leur douleur; elles souffrent avec joie et soumission; il n'y a plus rien en elles qui résiste à Dieu.
Si nous pouvions voir en Purgatoire l'âme de quelqu'un que nous avons connu sur la terre, nous serions frappés de stupeur en constatant le changement.
Celui qui autrefois était si complaisant pour lui-même est maintenant content de souffrir et de faire pénitence; autrefois il était revèche, et maintenant il est très doux, autrefois oublieux de Dieu, et maintenant soupirant après lui sans une seconde d'interruption.
Ne serait-il pas heureux pour moi de changer de la sorte avant d'aller en Purgatoire? Oh! que je voudrais, au sortir de ce monde n'emporter avec moi rien de mal — excepté les fautes de fragilité et de surprise où la volonté n'a qu'une
demi-part — mais rien, pas même un péché véniel, commis de propos délibéré!
Les péchés véniels seront sévèrement châtiés en Purgatoire.
D'autre part, et cela me touche plus directement, il y a probablement des milliers d'âmes souffrant en Purgatoire le châtiment temporel dû à une longue complaisance pour le péché mortel. Les péchés, grâce à Dieu, ont été pardonnes, et la sentence de damnation qu'ils méritaient a été révoquée avant la mort.
Cependant la justice de Dieu n'est pas complètement satisfaite; les peines du Purgatoire sont substituées à celles de l'enfer. Cela m'avertit que le péché mortel n'est jamais de peu de conséquence, bien que Dieu soit toujours prêt à le pardonner généreusement.