LXIX. LE BONHEUR DANS LA VERTU
» la dissipation, et de plonger l'esprit » dans les ténèbres, tandis qu'il appar- » tient à Dieu de répandre la lumière et » d'enseigner à notre intelligence ce que » nous avons besoin de savoir. »
En résumé, il va deux croix : celle de Notre-Seigneur et celle du démon. La croix de Notre Seigneur consiste dans l'accomplissement de mes devoirs d'état, dans l'effort et la peine qui accompagnent le labeur, quel qu'il soit. Dieu le dit à notre premier père Adam, aussitôt après la chute : « Tu mangeras ton pain à la saeiir de Ion front; la terre ne produira pour toi que des ronces et des épines. » ^ Je dois me résigner à être cloué sur cette croix, à ne jamais en descendre, jusqu'à ce que la mort vienne m'en détacher, à ne jamais la fuir ou Tabandonner. La croix du démon consiste dans des sentiments de méchanceté, de mécontentement, d'irritation, de murmure, d'abattement et de soufïrance, véritables rafales de tempête venant du sein des nuages qui enveloppent Satan dans l'éternel désespoir. Cette croix, je dois la repousser loin de moi. 11 n'y a pas toujours de la vertu dans les mines allongées, même dans celles qu'allongeraient des gens prétendus dévots.
Pour porter virilement la croix du Christ, on ne doit pas avouer facilement
(1) (ienes. m. 19.
qu'on la trouve lourde. Un exemple entre mille : Une croix fréquente pour la jeunesse est celle des examens, et j'ajoute de l'examen sur des matières qu'on n'aime pas. Car presque toutes les matières qui font l'objet d'un examen, et qu'on a dû étudier durant de longs mois de préparation, finissent par devenir odieuses.
Il y a deux manières mauvaises de procéder et une bonne manière. La première manière mauvaise est de refuser de passer l'examen, soit en ne se présentant pas, soit en n'étudiant pas de la manière requise pour être reçu. Cela ressemble à l'abandon des lourdes charges de la vie et est de mauvais augure pour plus tard. C'est ordinairement une faute, car c'est repousser la croix de Jésus-Christ.
L'autre mauvaise manière de procéder est de continuer à étudier tout en se rendant malheureux par des plaintes incessantes sur les ennuis de la tâche et la probabilité d'un échec. C'est ajouter à la croix de Jésus-Christ la croix de Satan, et on finira facilement par les repousser toutes deux.
La seule manière raisonnable d'agir est de travailler avec courage, sérénité et constance, jour par jour, faisant tout ce qu'on peut, et remettant à Dieu le résultat.
Et la conclusion, la voici : la croix de