‹ Vous etes a Jesus-ChristChapitre 135 sur 155 · LXXIV. VOULEZ-VOUS VOUS EN ALLER · texte numérisé non relu

LXXIV. VOULEZ-VOUS VOUS EN ALLER

celle qui demeure Jusqu'à la vie éternelle ». Et il promit de donner aux hommes (( sa chair à manger et son sang à boire. Alors beaucoup de ses disciples se retirèrent et n'allèrent plus avec lui. Il dit aux Douze : Et vous aussi, voulez-vous vous en aller? » Ils répondirent par une autre question : « A qui irions-nous? » Qui, plus que leur divin Maître, possédait et pouvait réaliser « les promesses de la vie éternelle? ^ » Belle parole, et engagement sacré auquel ils furent fidèles, excepté un, qui semble n'avoir eu aucune part dans la réponse, et qui s'était rangé du côté de ceux « qui ne croyaient pas^ ».

Ceux qui s'éloignèrent de Notre-Seigneur à cette occasion le firent, en partie, parce qu'ils comprirent mal sa promesse de nous donner sa chair à manger; en partie aussi, parce qu'ils comprirent trop bien sa déclaration qu'il n'avait à offrir aucune grandeur temporelle, mais seulement des biensspirituels. La précipitation et l'amour du monde furent les causes de leur défection.

Les Apôtres, pas plus que ces incrédules, ne comprirent parfaitement la promesse de la sainte Eucharistie, mais ils crurent ce qu'ils ne comprenaient pas, persuadés que leur Maître ne ferait rien que de raisonnable, ne promettait

(1) Jean VI. 15, 27, 52 suiv. 67-69.

(2) Jean v. 64.

rien qu'il ne pût accomplir et ne dût donner avec libéralité. Le don promis alors fut accordé au Cénacle, douze mois plus tard, et il est encore sur la terre le partage des disciples du Christ. Loin de les éloigner du Christ, il forme le plus doux et le plus cher de tous les nœuds qui les attachent « an Maître ». Combien sont retenus loin de Jésus et de son Eglise par des malentendus qu'ils n'ont pas la patience d'élucider comme il faudrait pour les faire disparaître!

L'amour du monde, cependant, est encore plus profond que les préjugés. C'est une positive aliénation de cœur à l'égard de Jésus-Christ. Celui-ci promet la consolation pour plus tard, mais le mondain lui dit : « Donnez-la moi maintenant, et peu m'importe plus tard ». Il fait comme Esaû vendant son droit d'aînesse pour un plat de lentilles.^ Or, sur cette disposition d'esprit, Notre-Seigneur crie : « Malheur!^ »

Le monde regarde comme une insulte que le chrétien cherche dans la vie quelque chose de meilleur que les biens passagers, qu'il mange modérément à la table d'ici-bas, parce qu'il est invité à l'éternel « festin des noces de F Agneau^ ». Tel est le motif vrai et profond de l'implacable haine que le monde porte à

d) Genes, xxv. 32-34. (2) Luc, vi. 24. (3) Apocal. XIX. 9.

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