‹ Vous etes a Jesus-ChristChapitre 149 sur 155 · LXXIX. UNE BONNE MORT · texte numérisé non relu

LXXIX. UNE BONNE MORT

atteignent 95 ans, il y a peu d'enfants de 15 ans qui aient encore 80 ans à vivre; à beaucoup, il n'en reste pas soixante; quelques-uns n'ont même pas dix ans (levant eux et ne verront jamais leur vingt-cinquième printemps. Mais, quel que soit le nombre d'années de leur vie, tous arriveront au dernier anniversaire de leur naissance et à leur dernier jour. Ce jour-là sera, entre tous ceux qu'ils auront vécu, ou le plus heureux ou le plus infortuné.

Une bonne, une heureuse mort n'est pas la même chose qu'une mort sans douleur. La plus heureuse mort qu'on ait jamais faite fut celle où notre divin Sauveur vainquit le péché, la mort et l'enfer par les tourments de la croix.

Saint Laurent fit une heureuse mort sur le gril, et les Carmélites de Compiègne sous la hache du bourreau, en 1794.

Mourir doucement, comme quelqu'un qui s'assoupit et s'endort, et se trouver au réveil en face d'un Juge irrité et d'un feu éternel, n'est pas une mort heureuse. Une mort heureuse est celle qui nous trouve en état de grâce; celle-là, et celle-là seulement, peut nous procurer le salut éternel.

Cependant, il est une mort plus désirable et plus heureuse : c'est celle qui non seulement nous trouve en état de grâce, mais presque libérés de nos dettes envers la justice de Dieu, n'ayant que

peu de châtiments temporels à subir pour nos péchés mortels déjà remis, ou pour nos péchés véniels. Une telle mort en effet nous méritera bientôt le ciel, après un court purgatoire. Mais très heureuse — la plus heureuse de toutes, — est la mort du juste en état de grâce, ayant accompli avec fidélité toute l'œuvre de sa vie, l'œuvre spéciale pour laquelle Dieu Ta créé! Cette mort est la plus ressemblante à celle de Jésus-Christ, qui disait à la fin de sa vie : « Mon Père, j'ai achevé l'œuvre que vous m'avez donnée àjaire : elle est consommée.'^ »

Un mot encore à propos du boulet. Je m'imagine que la course du mien sera encore très longue. Cest possible; mais il vole rapidement. Dans quelle direction vole-t-il? Dans la direction de la complaisance pour moi-même, de la paresse et du péché délibéré? Ou bien dans celle de la sollicitude à garder la grâce de Dieu en moi, dans celle des « affaires de mon Père,- » dans « la voie étroite,^ » de « Vœuvre que mon Père m'a donnée à faire? » Puissé-je, quand le but sera atteint et l'œuvre accomplie, dire avec mon Sauveur : « Maintenant, ô Père, glorifiez-moi auprès de vous."^ »

(1) Jean xvn, 4]; xix. .30, (2) Luc ii, 49. (.3) Math. VII. 14. (4) Jean xym. 5.

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