XI. — Notre Hôte dans la sainte Communion
Inviter un liote chez soi pour l'insulter, c'est un procédé auquel nul homme d'honneur ne peut penser sans indignation. Un homme bien élevé se conduira avec civilité envers l'hôte qui s'assoit à sa table, quels que soient d'ailleurs ses sentiments pour lui.
Mais elle est bien pauvre, l'hospitalité qui se borne à s'abstenir de toute insulte. Recevoir quelqu'un avec froideur, sans s'inquiéter de ses besoins, est une manière de faire dont nous déviions avoir honte. « Qu'il ne soit jamais dit de chez moi que les hôtes y sont mal reçus. ^ »
Nous allons à l'appartement de nos hôtes, et nous leui' demandons : Vous manque-t-il quelque chose?Et, sans nous contenter de leur réponse négative, nous regardons de nos propres yeux, et nous faisons en sorte qu'ils aient tout le confort et le bien-être possibles. Quand nous recevons la sainte Communion, Jésus- Christ, le Maître des cieux, notre bienaimé Sauveur, vient comme notre hôte.
Le recevoir quand nous sommes sciemment coupables d'un péché mortel serait
(1) Paroles du P. Alfred Weld, S. J., maître des novices, 1860-64, le type du gentilhomme anglais autant que du saint prêtre.
nous moquer de lui et l'insulter, comme fit Judas lorsque, dans l'intention de le trahir, a il vint à Jrsiis et lui dit : Je vous salue, Maître, et il le baisai » Que la terre s'ouvre plutôt pour m'engloutir, si je devais jamais avoir le malheur de faire de même ! Je dois être pur de tout péché mortel chaque fois que je fais la sainte Communion. Dois-je l'être aussi de tout péché véniel?
Non, cela n'est pas nécessaire. Mais il convient qu'avec la grâce de Dieu j'essaie de m'afïranchir de toute affection au péché véniel, d'écarter ou d'amender tout ce que je sais déplaire à mon Sauveur, pour minime que cela me paraisse.
Ainsi, si j'ai un caractère difficile, si je suis toujours à contredire les autres, à les provoquer et à me mettre en colère, bien que cela m'arrive quand je me prépare à la sainte Communion ou que je viens de me confesser, je ne dois pas pour cela m'éloigner de la sainte Eucharistie. Je dois seulement demander à Notre-Seigneur la force de volonté nécessaire pour me comporter un peu mieux à l'avenir.
Quand je rencontrerai mon Hôte divin et que je Lui demanderai : « Seigneur, désirez-vous quelque chose? » il me répondra peut-être qu'il désire plus de douceur et plus d'empire sur moi-même;
(1) Math., XXVI, 49.