XV. DE LA GRACE SANCTIFIANTE
nient dignement reçu; je ne puis en sortir que par le péclié mortel, et je puis le recouvrer par le repentir. Si je meurs en cet état, je suis sur d'aller au ciel; dans le cas contraire, je suis sur d'être perdu pour l'éternité.
La grâce sanctifiante est donc une chose bien importante, et au fait, la plus importante de toutes, dans la vie chrétienne. L'occupation de toute notre vie doit être de conserver et d'accroitre ce trésor; de le conserver, car notre Sauveur nous le commande : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. Veillez et priez, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison; prenez garde qu'il n'arrive soudainement et ne vous trouve endormi; cest pourquoi je vous dis à tous : Veillez;^ » de l'accroître, car notre Sauveur nous dit encore :
(( Faites valoir (ces ialenis) jusqu'à ce que l'e vienne.^ »
Xotre-Seigneur nous recommande de veiller, comme des serviteurs qui attendent l'arrivée de leur maître, et ne savent pas à quelle heure de la nuit il reviendra. Je ne sais pas non plus quand Xotre- Seigneur reviendra pour juger la terre, ni (ce qui me touche encore de plus prés personnellement,) quand je mourrai et quand je comparaîtrai devant son tribunal. J'ignore si ce sera bientôt, au
(1) Math. XXV. 13. (2) Luc, xix. 13.
printemps de ma vie ou dans beaucoup d'années. Mais, quelque longue que soit ma vie, il n'est i)as un jour où je ne puisse mourir à l'improviste. Et mourir privé de la grâce sanctifiante signifie aller au feu de l'enfer. En conséquence, l'avertissement de mon Sauveur : « Je vous le dis, veillez, » équivaut à celui-ci : « Vivez en élat de grâce. »
Mais je ne puis me maintenir en état de grâce sans accroître la grâce que j'ai déjà en moi. Je dois faire de bonnes œuvres, et chaque bonne œuvre me mérite une augmentation de grâce sanctifiante, et par conséquent une augmentation de gloire au ciel. Or, toutes mes actions, du matin au soir, peuvent et doivent être de bonnes œuvres. Si ce que je fais est la chose que Dieu veut de moi au moment présent, que ce soit réciter mes prières du matin ou jouer à la balle, peu importe; du moment que j'accomplis la volonté de Dieu, je fais une bonne œuvre, même une bonne œuvre éminente,s'ilsagit d'une tentation vainciie,comme une tentation de paresse à l'étude ou de gourmandise aux repas.
De plus, je dois recevoir les sacrements; et pour chaque absolution valide, pour chaque communion faite avec les dispositions nécessaires, j'acquiers un nouveau degré de grâce sanctifiante, non comme une chose méritée, mais comme un don de la bonté de Dieu. Ainsi, de