XXX. Y A-T-IL BEAUCOUP DE SAUVÉS
aucune révélation à ce sujet; par conséquent, nous ne pouvons donner aucune réponse revêtue de la certitude de la foi. Sur cette question, demeurée ouverte, les prédicateurs ont beaucoup parlé, et les théologiens se sont divisés en deux camps, argumentant, chacun dans son sens, avec plus ou moins de probabilité. Le P. Faber, dans son ouvrage « le Créateur et la créature » soutient que « la grande masse des croyants » sera sauvée.
Mais il est une classe de gens où il n'y aura que des élus. — Laquelle? — Les prêtres? — Non. — Les religieux? — Non. — Qui donc alors? — Tous ceux QUI prient. Prier, c'est frapper à la porte du ciel, et nous avons cette assurance de Notre-Seigneur : « Frappez, et l'on vous ouvrira;^ » demandez, cherchez, frappez.^
Demander, c'est l'affaire d'un instant; mais quelquefois ce n'est pas suffisant pour gagner votre cause devant Dieu.
Je dois chercher, comme on cherche une bourse ou un autre objet perdu. Chercher marque ici l'insistance à demander. Si je ne trouve pas, je dois frapper et attendre, comme on attend à une porte fermée, à l'exemple de saint Pierre « qui continuait àjrapper.^ »
(1) Luc. XI. 9. ('2) Math. vu. 7.
(3) Act. .\n. 6.
Enfin, je dois demander les faveurs spirituelles. Je ne demanderai les faveurs temporelles qu'à la condition qu'elles ne nuiront pas à mon àme, si Dieu me les accorde.
« Sollicitez des choses spirituelles, et vous serez sûrement exaucés, » disait saint Jean Chrysostôme. Demandez aussi sans crainte des grâces temporelles, comme la santé et le succès, pourvu qu'elles doivent servir au salut de votre âme. « Demandez de grandes choses, et les petites vous seront données en sus », est un conseil de notre divin Maître, car c'est en substance la parole de l'Evangile : « Cherchez premièrement le roycmme de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît.^ »
Personne, j'en suis persuadé, n'entrera au ciel s'il n'a beaucoup prié, ou si d'autres n'ont beaucoup prié pour lui. Mais mon salut est une chose trop précieuse pour que j'en remette le soin à la charité d'autrui. Je n'entrerai i)as dans l'eau profonde et. ne me laisserai pas entraîner sans effort, parce qu'il y a sur la rive quelqu'un qui viendra me tirer de là. Je m'aiderai moi-même, et je prierai pour moi.
(1) Math. VI. 33.