‹ Vous etes a Jesus-ChristChapitre 50 sur 155 · XXXI. RESPECT DE SOI-MÊME · texte numérisé non relu

XXXI. RESPECT DE SOI-MÊME

XXX[. — Respect de soi-même.

Le c( resj3ect de soi-même » n'est souvent qu'un nom atténué de « l'orgueil ». Une personne désobéissante parlera de ce qu'elle se doit à elle-même. Mais il est un respect de soi-même chrétien, qui m'offre le meilleur de tous les motifs pour me garder du péché mortel.

Il y a beaucoup de choses qu'une personne qui respecte son état, ou même son habit, ne fera jamais. « Job déchira ses vêtemenls avant de s asseoir sur le fnmier, hors de la cité A » Vous ne rencontrerez pas un professeur de Faculté avec un sac de charbon sur le dos, ou bien un haut fonctionnaire demandant l'aumône. C'est que le respect de soimême règle et contient la conduite extérieure des hommes; et le respect qui s'attache aux signes et aux choses extérieures constitue notre état visible. Mais qui contiendra les pensées et les mouvements du cœur? Certainement, cela nécessite un état intérieur, une dignité qui n'est pas visible aux yeux. Cet état, cette dignité, est l'état de grâce, la dignité d'un enfant de Dieu.

« Celai qui mange ma chair et hait mon sang demeure en moi, et moi en lui », dit notre Sauveur. ^ Et, après avoir accompli

(1) Job. I. 20; n. 8. (2) Jean. vi. 57.

la promesse faite à ses Apôtres d'instituer le Saint-Sacrement, il leur dit :

« Demeurez en moi, et moi en vous :je suis la vigne, et vous êtes les sarments.^ » 11 ne parle pas d'une simple réception de la sainte Communion, d'une chose momentanée et transitoire, mais d'une union permanente, que rehausse la Sainte Eucharistie, d'un état qui persiste même quand le communiant est dans les déserts de l'Afrique, à des centaines de lieues du Saint Sacrement.

Et notre Sauveur ne dit pas : Demeurez dans ma pensée, mais : « Demeurez en moi ». Qu'est-ce que cela signifie? Que nos mains, notre cœur, notre tête, tous nos sens et toutes nos facultés, notre être tout entier, àme et corj)s, sont à Jésus- Christ. C'est la propriété du Verbe fait chair; bien plus, c'est comme une partie de lui-même, une seule chose avec lui, comme le corps avec la tète. Et l'Esprit du Christ et de son Père demeurent en nous, et nous ne sommes plus de simples serviteurs, mais des amis, des frères de Jésus-Christ; par conséquent, des enfants de Dieu, héritiers du paradis.

Tout cela est enseigné par la sainte Ecriture, tout cela est de foi.*

Tel est l'état de grâce : c'est la vie

(1) Jean, xv. 4, 5.

(2j I Cor. MI. 23; vi. 15, 16; xii. 27 ; Ephes.

23, 30; Gai. m. 27; Rom. viii. 16, 17.

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