XXXIX. CLÉRICALISME
nislère du prêtre? Qui jugera nécessaire d'omettre les prières du matin et du soir, parce que le Père un tel n'est pas là pour les lui faire réciter? Mais cette même prière, ce même acte de contrition, dépend de l'intercession d'un Prêtre, non d'un prêtre mortel, d'un homme véritable, néanmoins, s'interposant entre les autres hommes et Dieu. Et c'est là lidée fondamentale de l'Incarnation : « Un Homme intermédiaire entre Dieu et moi, » et quiconque ne veut pas de cette médiation doit renoncer à être chrétien.
Cet fiomme qui se tient entre Dieu et l'homme est mon Sauveur et Rédempteur Jésus- Christ, Dieu et Homme, et Grand- Prêtre de l'humanité, « toujours vivant pour intercéder en notre faveur wJ Le sacerdoce de Jésus-Christ est unique et éternel; son sacrifice est unique; c'est le sacrifice de lui-même. 2 Rigoureusement parlant, il n'y a qu'un prêtre dans l'Eglise catholique : Jésus-Christ. C'est lui qui m'a baptisé, lui qui m'a confirmé, lui qui m'absout de mes péchés, lui qui consacre à la Messe et qui me donne son propre Corps dans la Sainte Communion.
Mais comment cela peut-il se faire? Je regarde dans « l'Annuaire du Clergé », et je trouve plus de 40.000 prêtres en France.
(1) Heb. vu. 25.
(2) Heb. vu. 24; ix. 25-28; x. 10, 12. 14.
Supposons un monarque régnant, comme le roi Assuérus, sur 127 provinces,^ et déléguant dans chacune un vice-roi. Combien y a-t-il de rois? Un seul. Tous les vice-rois que peut déléguer ce roi unique, tant qu'ils restent vice-rois, ne font pas un second roi.
Eh bien ! tous les prêtres que nous rencontrons et avec lesquels nous conversons, par cela même quils sont prêtres, sont délégués par Jésus-Christ. Avec son pouvoir naturel, comme homme respirant et pensant, le Père un tel ou M. l'abbé un tel ne pourrait pas plus absoudre des péchés ou consacrer à la Sainte Messe qu'il ne pourrait créer une nouvelle planète. H dit les paroles sacramentelles de l'absolution ou de la consécration au nom de Jésus-Christ; et Jésus-Christ, reconnaissant cet homme qu'il accrédite comme son représentant, donne aux paroles leur effet. C"est ainsi qu'un employé, un homme pauvre, signe pour le compte d'une riche maison de commerce dont il est fondé de pouvoirs. Une maison n'est pas multipliée parce quelle a à son service une multitude d'employés et de représentants. Les prêtres dont vous voyez les noms dans « l'Annuaire du clergé » ou « l'Oido » diocésain, sont les représentants de Notre-Seigneur, et non ses associés. Ils
(1> Esther i. 1.