XLIII. — La Voie de Satan
Parmi les animaux terrestres que l'homme rencontre le plus souvent, il en est un qui doit être rangé dans le petit nombre de ceux qui ne lui rendent aucun service, ne lui procurent aucune satisfaction : c'est le serpent. Le serpent demeure son ennemi redoutable, mortel, irréconciliable.
Les mouvements du serpent sont furtifs et rapides; et non sans raison; car partout où l'homme le rencontre, il l'écrase, s'il le peut. Au commencement et à la fin de la Bible, ^Satan est représenté sous la figure d'un serpent. Son nom de Satan signifie « adversaire »; et c'est en effet rinsidieux, l'implacable adversaire de l'homme, se glissant contre lui à l'improviste, osant rarement se montrer à découvert. « Pendant que Fhomme dormait, l'ennemi vint ».^
Son nom ordinaire de « diable » (diabolus) signifie calomniateur. Jésus-Christ est notre «. avocat auprès du Père;* » le diable est le faux accusateur. La fausse
(1) I Pierre ;v. 8-9.
(2) Genes, in. 1-15; Apoc. xx. 2.
(3) Math. xni. 25. (4) I Jean ii. 1.
accusation et la calomnie n'ont pas gain de cause auprès de Dieu, mais il n'en est pas de même auprès des hommes. Ainsi s'expliquent les mensonges, « monstrueux comme le père qui les a engendrés », qui se disent contre l'Eglise catholique, contre les religieux, les religieuses, les prêtres et les Jésuites. Ces mensonges sont crus, en dépit de tout. On les réfute, on les dévoile, ils semblent passer à l'état de vieux clichés; et cependant ils ne cessent de revivre et reparaissent avec la même audace.
Cela explique comment un peuple naturellement sagace, épris de bonne foi, oublie toutes les règles de la logique et tous les principes de la justice, quand les catholiques sont en cause. Le calomniateur est là. Quelqu'un qui le connaît bien, le Juge même qui l'a condamné, nous dépeint son caractère en ces lignes : « // fut homicide dès le commencement, et nest point resté dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre Jonds, car il est menteur et père du mensonge ».i
Expert en l'art de mentir, il accommode son histoire à ses auditeurs : ainsi, parlant à un auditoire intelligent, il aura soin de dire beaucoup de choses vraies. Pour les critiques et les savants,
(1) Jean vni. 44.