‹ Vous etes a Jesus-ChristChapitre 87 sur 155 · XLVIII. IMAGINATION · texte numérisé non relu

XLVIII. IMAGINATION

(le l'éternité, quand la foi aux choses espérées sera échangée pour la vision des mêmes choses possédées. Ainsi, l'imagination est un adoucissement au chagrin, et sert à rendre l'homme heureux eh lui donnant de l'entrain. Or, une des meilleures dispositions que puisse posséder un homme ou un enfant, c'est d'avoir habituellement de l'entrain. Le regard sombre annonce souvent la tempête de la tentation prête à éclater, et le ravage du péché mortel.

De nos jours, où l'on passe des examens pour gagner sa vie, il y a le danger d'une culture trop exclusive des facultés d'observation, ainsi que de la mémoire et de la raison, et l'imagination est reléguée à l'arrière-plan. Ainsi, l'esprit est rempli de choses positives, l'intelligence s'épuise, tout l'être devient matériel. En tout cela, il y a préjudice pour la véritable vue de l'esprit. Les faits particuliers que nous voyons et connaissons, que nous utilisons pour un but pratique, doivent, si nous savons les considérer comme il faut, nous parler d'autre chose qui leur ressemble, mais qui est meilleur, plus élevé, plus durable et plus haut, de quelque chose que nous apprécions maintenant d'une manière obscure, mais que nous comprendrons dans l'éternité. Cela revient à dire que les choses de la terre doivent porter nos pensées vers les choses du ciel; le visible

doit nous élever jusqu'à l'invisible, le royaume des sens jusqu'au royaume de l'esprit.

L'imagination s'allie étroitement à la faculté religieuse, et la soutient. Ne prierais-je pas mieux, si l'imagination me représentait plus vivement les choses de Dieu, les gloires du ciel, les teneurs de l'enfer et du jugement, les mystères de la vie de Notre-Seigneur, le visage de ma Mère Immaculée, le patronage des Saints, la compagnie des Anges, la beauté de la robe de la grâce sanctifiante? Vraiment, l'imagination est « un glorieux pouvoir, » et il n'est permis à aucun chrétien d'en manquer par sa faute ou de la laisser sans culture.

Dans l'âge mur, au milieu des affaires, les hommes sont portés à emprisonner et à laisser s'éteindre cette faculté. Des éducateurs qui ne voient rien au delà des examens de fin d'année, font aussi leur i)0ssible j)our la détruire. C'est une faculté dangereuse, n'est-ce pas? Eh!

sans doute! une chose est toujours dangereuse quand elle peut produire un grand bien. Le bien et le mal sortent du même panier. Mais je veux favoriser le développement permis et convenable de mon imagination.

Je verrai si je puis trouver ou former en moi le goût de la musique ou de la poésie, de l'éloquence ou de la peinture, de l'architecture ou de l'art scénique, ou

Page 1