LIV. SAINT LOUIS DE GONZ\GUE
tant de choses de la terre. Benoît XIII l'a proclamé patron de la jeunesse, et nous pouvons dire que Xotre-Seigneur a ratifié et rendu clloctive la proclamation de son Vicaire.
Tous les jeunes gens calholiqnes apl)récient cette vertu qui est le principal ornement de leur âge, la vertu dont saint Louis de (ionzague a donné un si JM-illant exemple, et qui lui a mérité le litre (V « angélique ». Beaucoup d'entre eux aussi sont attachés au Saint par des liens de gratitude; car son intercession en faveur de la jeunesse a un singulier pouvoir auprès de Dieu, particulièrement quand il s'agit de déterminer et de fixer une vocation.
Voici l'histoire authentique d'un jeune homme qui, poussé à la j^rètrise contre sa volonté, fut délivré de cette contrainte par l'intercession du Saint. Dans un séminaire dirigé par les Jésuites en Italie, vers l'année 1850. les jeunes gens avaient Ihahitude , le jour de saint Louis de Gonzague, d'écrire au Saint des lettres qui restaient toute la journée devant sa statue, et qu'on brûlait, ou qu'on rendait ensuite aux élèves, sans en prendre connaissance. Levecjue du diocèse insista pour prendre une de ces lettres et la lire, afin de voir si les élèves n'écrivaient pas des sottises.
Aucune représentation du P. Recteui-, de qui nous tenons directement cette
histoire, ne put l'arrêter. Il lut donc ce qui suit : « Cher saint Louis de Gonzague, mes parents m'ont mis ici parce qu'ils veulent que je sois prêtre. Or, je n'ai pas de vocation; ne pourriez-vous me faire sortir d'ici? » La cliose fut réglée le jour même.
De plus, il est clair, pour quiconque étudiera la vie de saint Louis, qu'il fut un jeune homme plein d'ardeur, énergique et courageux, ayant en lui létoffe d'un soldat ou d'un homme d'État et toutes les dispositions nécessaires pour occuper dignement la haute position où il était né. Les efforts du marquis son père pour le retenir, bien qu'il eut deux autres fils, Rodolphe et François, sont la preuve qu'il était capable d'être à la tête d'une noble maison. Les gens inutiles dans le monde font rarement un grand bien dans l'Eglise. La sainteté héroïque requiert un grand courage, et une des raisons pour lesquelles elle est si rare, c'est que le grand courage est rare aussi. Un imbécile ne fera jamais un saint canonisé, et tout jeune homme sent, de prime-abord, qu'il n'y eut rien d'un imbécile dans saint Louis de Gonzague.