LV. LE S'-E. DONNÉ A l'ÉGLISE
Le Saint-Esprit donné à 1 Eglise.
Quand notre divin Sauveur monta au ciel, du Mont des Oliviers, il laissa derrière lui, comme fruit de sa Passion, outre sa sainte Mère et quelques pieuses femmes, un petit noyau d'hommes ignorants, effraj'és, se réunissant « les portes Jer niées par crainte des Jnifs,^ » n'osant dire à personne les merveilles qu'ils avaient vues et entendues. C'étaient là ses Apôtres ou « missionnaires, » et c'est d'eux que dépendait l'extension de son royaume sur la terre. Telle était l'Eglise au berceau : selon toutes les apparences trop frêle et trop débile pour vivre. Il semblait que le Calvaire eût été pour les prêtres Juifs le succès définitif sur lequel ils comptaient, et que le nom de Jésus de Nazareth dût être effacé pour jamais de la mémoire des hommes. Les Apôtres étaient assis en silence; ils n'osaient point ouvrir la bouche, ne faisaient aucu-n miracle, n'administraient aucun sacrement; les grands pouvoirs du sacerdoce de la nouvelle Loi paraissaient inutiles entre leurs mains. Le Saint-Esprit descendit sur eux, et ce fut comme le changement de l'hiver au printemps, effectué en moins d'une
(1) Jean, xx. 19.
heure. Depuis cette heure-là, l'Eghse du Christ a vécu et travaillé pratiquement. Le Saint-Esprit a introduit la vie dans l'Eglise. Il est lui-même l'Esprit de Vie, une sorte d'àme divine, qui anime l'Eglise. Jésus-Christ a légué au monde non une simple théorie comme celle que laissèrent les philosophes, mais une institution agissante, qui n'est point un projet sur le papier, un pur système d'idées, mais un corps actif et vivant. C'est un corps enseignant, avec un système d'idées à répandre gi'aduellement, et des dogmes à définir en temps opportun; pardessus tout, c'est un principe de vie, qui s'empare des hommes, cultivés ou non cultivés, et règle leur conduite.
Le Saint-Esprit, animant continuellement l'Église, la garde à son travail, et ne lui permet ni de dormir sur les livres, ni de s'évaporer en poésie, ni de se perdre dans une douce extase musicale ou artistique. Le Saint-Esprit, donné à l'Église, fait que le travail s'accomplit, que les articles de foi sont crus, les commandements gardés, les péchés regrettés, confessés et absous, la Sainte (Communion reçue, les mourants oints de l'huile de l'Extrème-Onction, les morts secourus par de pieux suffrages, les portes du ciel ouvertes quotidiennement aux âmes élues et sauvées, le Sacrifice perpétuel maintenu, la vigi-