Premier pbylarque
14 VOYAdE A L'ILE D'UTOPIE
•tisme. La charge des tranibores est annuelle;- on les continue néanmoins, dans leurs fonctions quand ils la remplissent à la satisfaction du peuple. * Tous les aulres offices publics ne sont conférés que pour un an.
Tous les trois jours, les tranibores tiennent conseil avec le prince, et plus souvent encore si le cas le requiert. On délibère dans ce conseil sur les affaires de l'État; on y examine aussi celles des particuliers. Ces dernières, qui sont toujours en très petit nombre, se jugent avec la plus grande diligence.
Tour à tour deux syphograntes ont droit de séance au conseil, où rien ne se décide concernant les affaires de la république sans que la motion en ait été discutée et admise en plein sénat trois jours auparavant. Hors de cette auguste assemblée ou de celle des états généraux, c'est un crime capital que de prononcer sur les questions relatives à l'administration.
On a voulu par cette lor prévenir les ligues que le président et les tranibores pourraient faire entre eux, pour opprimer le; peuple et changer la forme du gouvernement. 'C'est par cette même raison que Ton renvoie les matières les plus importantes à l'examen des phylarques, qui en confèrent avec les familles de leur dépendance. Après une % mùre délibération ils font leur rapport au sénat. Dans certains cas, on assemble les états généraux pour décider des affaires majeures. Une coutume strictement observée par le sénat, c'est de ne jamais statuer sur une question -le jour qu'elle est proposée; il en remet toujours la décision à la -séance prochaine.
Ici l'intention du législateur fut d'empêcher les jugements précipités. Il savait que tout homme qui parle*
au hasard aime mieux soutenir opiniâtrémenl une idée, fausse qui lui est . échappée que de risquer sa réputation en se rétractant. Il-connaissait encore cette •mauvaise honte qui nous ôte la liberté de revenir sur nos pas lorsque nous nous sommes imprudemment avancés. Il voulut en conséquence donner aux magistrats le temps - de l'examen et de la réflexion, préférables cent fois à cette présence d'esprit, à celte promptitude de discourir et de prononcer sur tout, qualités funestes dont nps jeunes étourdis se piquent fort mal à propos.