‹ Voyage à l'Oasis de SyouahChapitre 18 sur 41 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

COMPARAISON DU PAYS ET DES ANTIQUITÉS DE SYOUAHAVEC LES RECITS DES AUTEURS SUR L’OASIS ET LE TEMPLE D’AMMON.

Oiv a vu dans 1 Avant-propos qui est en tête de cet ouvrage, que l’identité de Syouah et du pays des Ammoniens avait été admise par le major Rennell, et depuis, par d'autres savans; on a vu aussi que la description, quoique très-incomplète, des ruines d’Omm-Beydah, transmise par Browne et Hornemann, avait fait regarder ces débris comme étant les restes du fameux temple de Jupiter Ammon, bien que ces voyageurs doutassent eux-mémes de cette conformité. On était donc encore dans l'incertitude sur la réalité de cette dernière opinion, et même il restait quelque doute sur la position de l’ancienne contrée des Ammonites, malgré les savantes recherches du major Rennell. En effet, le nom de Santaria, des auteurs arabes, nom que l’on croit avoir succédé immédiatement à celui de l’oasis d’Ammon, n’était pas parvenu à la connaissance des voyageurs européens 1 : ainsi l'on ne pouvait affirmer que Syouah et Santaria fussent un seul et même lieu.

D’après les motifs qui précèdent, il n’est pas hors de propos d'examiner de-nouveau ces deux questions intéressantes, d'autant plus que la solution de la première n’entraîne pas nécessairement celle de la seconde. Cet examen doit porter sur l’emplacement et l’étendue de la région, sur la nature du climat, du sol et des productions; enfin, sur les temples élevés aux dieux et les autres ouvrages que les hommes ont construits : ce qui conduira à faire quelques recherches sur l’ancien culte des habitans et sur l’histoire du pays.

D’après ce plan, nous allons comparer le pays de Syouah et ses environs avec les récits des auteurs au sujet des Ammoniens, i" sous le rapport géographique, i° sous le rapport du sol, 3° sous celui des antiquités et des institutions. Nous commencerons toujours par citer les passages des écrivains. En général, dans les discussions de ce genre, on ne laisse pas assez parler les auteurs; et s’il arrive, comme cela est assez ordinaire, que le lecteur s'y intéresse médiocrement, c'est parce. qu’on néglige de mettre d abord sous ses yeux les anciens témoignages, et ce qu’on pourrait appeler les pièces du procès.

Nous citerons partiellement ces passages, en suivant la division ci-dessus, pour isoler ainsi les difficultés par cette sorte de procédé analytique, et par là les résoudre plus facilement; ce qui fera autant de points de repos pour le lecteur, dans une route peu attrayante pour lui : il n'aura encore que trop de fatigue à la parcourir; mais

1 Browne et Hornemann rapportent que les habitans de Syouah ne connaissent pas même le nom de Santrieh ou Santaryeh , mais c’est à tort.

VOYAGE A SYOUAH.

en matière semblable-, il s’agit moins de plaire que de fournir des données exactes et d'éclaircir les obscurités du sujet.

i» GÉOGRAPHIE.

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