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dE LANTI Se
Nous avions rencontré notre premier iceberg le veille de notre arrivée au cercle polaire. En entendant la mer briser avec fureur contre la masse encore enveloppée de brume, la vigie fut sur le point de crier : « Terre! » mais bientôt le formidable colosse émergea du brouillard; il venait droit sur nous, terrible et menaçant; nous nous hâtâmes de lui laisser le champ libre. C'était une pyramide irrégulière d'environ trois cents pieds de largeur et cent cinquante de hauteur; le sommet en était encore à demi caché dans là nuée, mais l'instant d’après, celle-c1 brusquement déchirée, nous laissa voir un pic étincelant autour duquel de légères vapeurs enroulaient leurs volutes capricieuses. Il y avait quelque chose de singulièrement étrange dans la superbe indifférence du géant. En vain les ondes lui prodiguaient
LE TOUR DU MONDE
leurs plus folles caresses; froid et sourd il passait, les abandonnant à leur plainte éternelle.
Ma première intention avait été de m’arrêter à Egedesminde ou à quelque autre des stations danoïises les plus méridionales, pour y acheter des fourrures avant de pousser vers le nord où nous devions trouver des chiens de trait, mais le vent était bon, et nous en profitâmes, comptant du reste nous procurer ce dont nous avions besoin à Prüven et à Upernavik.
Le 31, nous arrivions près de l’extrémité sud de l'ile Disco. Une soudaine déchirure du brouillard nous fit entrevoir de hautes montagnes aux sommets blancs de neige; l'instant d’après, la vision avait disparu, mais nous savions maintenant que la terre était proche, et nous constatèmes avec orgueil, qu’en dépit de la brume,
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