‹ Voyage a la Sainte-Larme de VendomeChapitre 5 sur 21 · MIRACLES · texte numérisé non relu

MIRACLES

que Dieu a opérés par sa très - Sainte-Larme.

Une femme aveugle se voue à la Sainte-Larme et recouvre la vue.

L'an 1568, le 18 janvier, Jeanne Vieil, femme de Jean Vieil, de la ville de Domfront en Normandie, étant devenue aveugle, ayant passé six semaines sans voir en aucune façon, son mari lui conseilla de faire vœu et promesse à Dieu d'aller visiter la Sainte-Larme à Vendôme. Elle le fit avec tant de piété qu'arrivée en ce saint lieu pour ac-

complir son vœu, aussitôt qu'elle eut fait ses dévotions, elle recouvra la vue en présence de son mari et de plusieurs personnes.

Un jeune homme de Paris se voue à la Sainte-Larme, et est guéri de trois maladies dangereuses.

La même année, au mois de mars, un tailleur d'habits demeurant à Paris, proche l'église de Sainte-Croix, arriva à Vendôme avec son fils, âgé de 20 ans, pour accomplir le vœu qu'il avait fait de venir visiter la Sainte-Larme. Il assura que, quelque temps auparavant, ce garçon était devenu aveugle à cause d'une grande fluxion qui lui était tombée sur les yeux, laquelle était devenue si violente qu'il en avait perdu l'ouïe, et que ces deux maux joints ensemble lui avaient causé une telle tristesse qu'il en avait perdu le jugement. Le père en étant touché eut recours à Dieu, consolateur des affligés, et fit vœu de venir visiter la Sainte-Larme, s'il lui plaisait rendre la santé à son fils. Dieu exauça son humble prière, et, trois jours après, le vœu opéra trois grands miracles, lui rendant tout ensemble la vue, l'ouïe et le jugement, dont il vint rendre grâces à Dieu et accomplir son vœu devant la Sainte-Larme.

Nous avons tiré ce miracle avec le précédent d'une vieille Rime française, dont la simplicité et la naïveté méritent une entière croyance.

Une religieuse d'Orléans visite la Sainte-Larme et recouvre la vue.

L'an 1607, une religieuse du grand hôpital d'Orléans, nommée Claudine Testu, ayant entièrement perdu la vue, se mit entre les mains des médecins, qui employèrent tout ce qui était de leur science pour apporter quelque remède à son mal ; mais ce fut inutilement, car ils recon-

mirent qu'il était incurable, et que tous les remèdes humains y étaient inutiles. Cespourquoi la pauvre Religieuse, se voïant abandonnée des médecins de la terre et hors d'espérance d'en guérir, eut recours à Dieu et fit vœu de venir visiter la Sainte-Larme de Vendôme, ce qu'elle accomplit le cinq de juillet dudit an 1607, étant conduite par deux religieuses, l'une nommée sœur Jeanne Baudry, l'autre sœur Gabriel Gâteau, et par Me Isaac Tartin, receveur dudit hôpital. La première chose qu'elle fit, étant arrivée, fut de purger sa conscience par la confession de ses fautes, puis elle fit célébrer une messe par un religieux nommé frère Philippe Penthin, en intention d'y communier ; mais Dieu voulant qu'elle reçût plus de contentement et d'allégresse, la voulut illuminer avant la communion : à l'élévation de la sainte Hostie, elle commença à voir peu à peu, et recouvra si parfaitement la vue, qu'à la fin de la messe, elle signa de sa main le procès-verbal qui fut fait de ce miracle, par devant le baillif de l'abbaye de la Sainte-Trinité, nommé M. LeFèvre, duquel nous avons tiré ce que dessus.

Une femme qui avoit perdu la vue la recouvre en se vouant à la Sainte-Larme.

Marguerite Gaillard, femme de Philipe Helin, de la paroisse de St-Christophe de Marbreux, au diocèse d'Evreux, eut une si grande douleur aux yeux pendant l'espace de cinq ans qu'elle en perdit la vue. Elle emploïa tous les moyens humains dont elle put s'aviser pour trouver remède à son mal, mais voïant que c'étoit en vain, elle eut recours à Dieu, et fit vœu d'aller visiter la Sainte-Larme de Vendôme. Incontinent après le vœu fait, elle fut guérie, et vit aussi clair que si elle n'eût jamais eu aucun mal. Elle vint, accomplit son vœu l'an 1622, le jeudi 19

may, et attesta ce que dessus être véritable, en présence des religieux et de quantités d'autres témoins.

Un homme aveugle recouvre la vue se vouant à la Sainte-Larme.

Voici un miracle qui n'est pas moins digne d'admiration que les précédens. Il arriva en l'année 1627 en la personne d'Antoine Joannes habitant de Bacart au diocèse de Metz. Cet honime étoit âgé de 40 ans, et aïant entièrement perdu la vue, se fit conduire à Vendôme par Sébastien et Nicolas, ses enfants, qui jurèrent avec lui qu'i avoit un an tout entier qu'il n'avoit vu ni ciel ni terre, et qu'étant venu faire son voïage à la Sainte-Larme à laquelle il s' étoit voué, après avoir présenté ses humbles prières à Dieu, confessé ses péchés, reçu le Saint-Sacrement et adoré- la Sainte-Larme, Dieu lui avoit entièrement rendu le vue avant de sortir de ladite église. Ceci est tiré du greffe de Vendôme.

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